La Curée

par

Louise de Mareuil

Cette jeune fille est la fiancée de Maxime.Surnommée « la bossue » par Renée, « contrefaite, laide etadorable, elle était condamnée à mourir jeune ; une maladie de poitrine laminait sourdement, lui donnait une gaieté nerveuse, une grâcecaressante. » C’est une condamnée que Maxime épouse à la fin du roman. Lamalheureuse ne survit d’ailleurs pas à leur voyage de noce.

Louise est la fille d’un père richissime –d’une grande sottise – et d’une mère débauchée, « morte dans lesdébordements les plus honteux ». « Louise en était sortie le sangpauvre, les membres déviés, le cerveau attaqué, la mémoire déjà pleine d’unevie sale. » Zola fait de la jeune fille le fruit pourri d’un arbre débile,affligé d’une connaissance innée transmise par sa mère alors qu’elle n’a pasencore vécu. Elle semble, selon l’auteur, connaître une nouvelle vie,« cette seconde vie qu’elle revivait vierge avec sa science et sa honte defemme faite. » Aussi pose-t-elle un regard aigu et lucide sur la sociétéqui l’entoure et n’aime-t-elle rien tant que rire avec Maxime en se moquant destravers de cette très haute bourgeoisie. Elle finit par connaître le honteuxsecret partagé par René et Maxime, mais elle ne fait qu’en sourire, avecdétachement et ironie. Le savoir inné que Zola lui attribue et la certitude desa mort prochaine la placent, toute seule, dans une sphère à part. 

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