La Curée

par

Maxime Saccard

Maxime est le fils d’Aristide Saccard etd’Angèle Sicardot. Placé dans un collège de Plassans, il souffre des brimadeset des quolibets que lui attirent ses manières délicates, voireefféminées : il a « la taille mince, le balancement de hanches d’unefemme faite. » La promiscuité du dortoir lui fait découvrir un pan obscuret interdit du plaisir : « Le vice, en lui, parut même avant l’éveildes désirs. » Il rejoint son père quand il a treize ans, et fait alors laconnaissance de la jeune femme qui est sa belle-mère, Renée. La sympathie estimmédiate, et Maxime grandit au contact de cette belle créature dont la plusgrande préoccupation semble être sa garde-robe, ce qui convient parfaitement augarçon. Blond, les cheveux bouclés, « joli » sans être beau, il estla coqueluche des amis de Renée, ravie de son « air fille », lui quiest  « sans un poil, rose comme un amour. ». Il est admis àleurs longs essayages chez Worms, il partage leurs conversations, il va jusqu’àporter une robe : il est des leurs. À vingt ans, il glisse avec Renée dansl’inceste par faiblesse ; c’est « une bêtise » dit-il. Il voitgrandir la folie de sa maîtresse avec inquiétude, n’a pas le courage de laquitter de façon franche, et se laisse marier à Louise dont, jeune veuf, ilmange tranquillement la dot à la fin du roman.

Il serait absurde de juger le portrait deMaxime par Zola à l’aune des valeurs d’aujourd’hui. L’homosexualité et la bisexualitéont conquis droit de cité dans la société occidentale, mais tel n’était pas lecas dans les années 1870, quand l’homosexualité était un délit et considéréecomme un vice. C’est pourquoi le regard de Zola, sans être celui d’un juge, estsévère. Maxime est l’opposé de l’image masculine traditionnelle : il estdélicat, veule, malléable, faible. En outre, il est indifférent au mal qu’ilpeut provoquer ainsi qu’aux sentiments d’autrui. C’est un animal égoïstepréoccupé de son seul plaisir, une fleur de serre délicate et débile. Cerejeton de la racine des Rougon est une fin de race : à travers lui, lafamille des Rougon « vivait trop vite, et se mourait déjà dans cettecréature frêle, chez laquelle le sexe avait dû hésiter, et qui n’était plusqu’une volonté âpre au gain et à la jouissance, comme Saccard, une lâchetémangeant les fortunes faites ; hermaphrodite étrange venu à son heure dansune société qui pourrissait. » Il est la plante qui pousse sur le fumierqu’est l’Empire.

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