La Double Inconstance

par

Arlequin

L’amant de Silvia est un homme modeste. Il ne se soucie « ni d’honneurs, ni de richesses, ni de belles maisons, ni de magnificence, ni de crédit, ni d’équipages. » (Acte I, Scène 4). Ce fort trait de caractère rend la tâche difficile à Trivelin qui essaie en vain de l’amadouer avec les richesses du palais que le Prince serait prêt à lui offrir contre un renoncement à Silvia.

Aussi, Arlequin a la mentalité typique d’un paysan : tout ce dont il a besoin c’est son pain quotidien, rien de plus. Le nécessaire prime sur tout, et au-delà tout devient superflu : « fait-on autre chose dans sa maison que s’asseoir, prendre ses repas et se coucher ? Eh bien, avec un bon lit, une bonne table, une douzaine de chaises de paille, ne suis-je pas bien meublé ? N’ai-je pas toutes mes commodités ? ». Marivaux rajoute même quelque barbarie à son personnage ; vers la fin de la neuvième scène du premier acte, Arlequin, qui ne supporte pas d’être suivi par les valets envoyés par le Prince – forme d’« honneurs » qu’il honnit –, irrité, se retourne et commence à frapper d’un bâton Trivelin, et par la suite les valets.

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Dissertation à propos de La Double Inconstance