La Double Inconstance

par

Silvia

À l’origine elle n’est qu’une pauvre villageoise, maislorsqu’elle devient l’objet de l’amour du Prince qui la kidnappe, sa vie prendun tournant dramatique et elle devient le centre de toutes les attentions. Bienqu’elle soit villageoise et que Lisette sans cesse la réduise à ce rang, Silviaest une femme de principes, pourvue de valeurs morales. Elle est amoureused’Arlequin, et entend bien maintenir cet amour pour lui, malgré les pressionsexercées sur elle. À Arlequin elle réitère son amour et son attachement, et àla Cour royale corrompue elle réaffirme que rien ne la satisferait plus que sonbien-aimé : « Quand il medonnerait toute la boutique d’un mercier, cela ne me ferait pas tant de plaisirqu’un petit peloton qu’Arlequin m’a donné. » (Acte II, Scène 1).

Elle se révolte contre la Cour du Prince qui tente de laforcer à l’aimer : « je ne veuxqu’être fâchée, vous haïr tous tant que vous êtes » (Acte I, Scène 1).

Mais en se liant d’amitié avec Flaminia qui est de mècheavec le Prince dans son plan de gagner le cœur de la paysanne, Silvia voit sesvaleurs et ses pensées – vis-à-vis d’Arlequin – changer du jour au lendemain.En effet, s’étant trouvée en elle une alliée qui semble comprendre son désespoir,Sylvia se sent un peu plus à l’aise au palais. Elle apprécie bien d’avoir desservantes à son service, et même de voir quelqu’un être réprimandé pour luiavoir parlé sur un ton inopportun. Elle s’égaie de porter des vêtementssomptueux, et même de voir « MadameLisette » s’humilier pour lui demander pardon. Elle copie peu à peul’attitude des dames de la Cour : « ilme fâche assez d’être si jolie, et que vous ne soyez pas assez belle. »(Acte II, Scène 10). Le langage de Silvia vis-à-vis d’Arlequin commence peu àpeu à changer, d’autant plus qu’elle réalise que ses sentiments envers cet« Officier du palais » sont plus forts qu’elle ne le pensait.Ainsi, on passe de « J’ai peur devous perdre » à « c’estArlequin qui m’embarrasse. » Très vite, son amour pour Arlequindevient un poids né de la fidélité et d’un sentiment de responsabilité, et nonune volonté propre : « je dois aimer Arlequin. » (Acte II, ScèneXI). 

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