La Farce de Maître Pathelin

par

Maître Pathelin

Avocat roublard, mari persuasif, resquilleur ingénieux, Pathelin sait tourner les situations à son avantage en maniant un verbe qui lui est propre. Ses plaidoiries ne sont guère plus que des tirades à adapter à la cause du plus offrant, au cours desquelles les détails des différends en question ne sont que peu évoqués. Mais la fourberie patente de l’avocat lui vaut de beaucoup une rancune qui plutôt qu’une réputation d’avocat de génie lui a fait celle d’un trompeur dont il faut se méfier : « Guillemette : J’ai connu un temps où chacun voulait vous avoir pour gagner son procès ; maintenant, chacun vous appelle partout l’avocat sans cause. » Cette réputation l’a mené à vivre une aventure malheureuse que lui rappelle Guillemette pour lui faire la leçon : « Souvenez-vous du samedi par Dieu, où l’on vous mit au pilori : vous savez que vous fûtes hué de tous pour votre fourberie. »

En dépit de la ruine de son ménage, l’orateur ne renonce pas à ses tromperies. Au contraire, il multiplie les entourloupes pour remplir ses poches, vainement : « Sainte Marie ! Guillemette, malgré toute la peine que je mets à chaparder et à ramasser, nous ne pouvons rien amasser. » Cette opiniâtreté dénote un naturel orgueilleux et déterminé, qui se manifeste en toutes occasions : « Il n’y a personne qui s’y connaisse aussi bien dans l’art de plaider », affirme-t-il à propos de lui-même.

La fine ruse de Pathelin réside en grande partie dans sa connaissance de l’âme humaine et sa perspicacité ; il sait en effet discerner à qui il a affaire et le caractère de chacun. Ainsi il flatte l’orgueil de Guillaume de Joceaulme, dont il a noté la fierté bourgeoise, en le comparant à son père. Au tribunal, il invoque la compassion et la morale qu’il sait chères au juge, pour le pousser à disculper Thibault l’Agnelet, dont la bêtise serait involontaire. Mais c’est avant tout son aisance langagière qui fait réussir ses combines. 

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