La Farce de Maître Pathelin

par

Thibault l’Agnelet

Le berger Thibault apparaît tout au long de la pièce comme un personnage naïf et simple, qui se laisse dominer, d’une part par le drapier qui l'exploite – « Le Berger : Ma foi je me rendais compte qu'il me payait chichement... » – ; d'autre part par Pathelin, qui lui impose son autorité dès leur rencontre : « Pathelin : Notre-Dame, gare à tes côtes, si tu ne paies pas largement. » Cette naïveté transparaît jusque dans son nom, l'Agnelet – soit l'agneau, l'innocent. Mais c'est justement cette ignorance et cette crédulité feintes – « Le Berger : Vous défendrez ma cause, car je n'y connais rien » – qui fait la force de Thibault. En effet, insoupçonnée, sa tromperie n'est dévoilée qu'à la fin du procès, dont il sort finalement vainqueur au détriment du drapier et de Pathelin lui-même. Et sa ruse semble dépasse celle de Pathelin, puisque c'est l'avocat lui-même qui lui inspire l'ingéniosité de son « Bée ! » qui lui évitera la note salée que lui réclame l'avocat : « Pathelin : Même à moi quoi que je puisse te dire ou te proposer, ne me réponds pas autrement. » Le prénom de Thibault, qui signifie dans la culture germanique « le hardi », prend donc à la fin de la farce le dessus sur la pureté de l'Agnelet. 

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Dissertation à propos de La Farce de Maître Pathelin