La Farce de Maître Pathelin

par

…qui annonce les codes de la comédie du XVIIe siècle

L’intérêt littéraire de cette pièce réside également dans la place avant-gardiste qu’elle occupe dans l’évolution de la comédie, en particulier burlesque. En effet, les personnages de La Farce de Maître Pathelin servent le même comique de caractère que l’on trouve chez Molière. La fourberie caractérise chacun des personnages, la vanité et un certain mépris s’incarnent en Guillaume et Pathelin, tandis que Thibault apparaît comme un type de fourbe particulier, sous la forme d’un faux niais. Et c’est bien la singularité et la complexité de ces personnages chez lesquels un trait cependant domine, qu’ils soient avares, misanthropes, femmes savantes ou imposteurs, qui fait en grande partie l’intérêt de l’œuvre de Molière, regorgeant de personnages inoubliables laissés à la postérité et même entrés dans le langage courant par antonomase : l’hypocrite Tartuffe, l’avare Harpagon, le libertin inconstant Dom juan, etc. Et c’est l’ingéniosité ambiguë les caractérisant qui les distingue et les rehaussent par rapport aux autres personnages.

C’est dans le personnage de Scapin que l’on retrouve le mieux la fourberie qui caractérise Pathelin. En effet, Scappino, « celui qui s’échappe », se distingue par sa faculté à manipuler, à tromper et à toujours se sortir sain et sauf de combines qui toutefois se retournent parfois contre lui. Thibault l’Agnelet, lui, annonce le personnage du badin astucieux, comme Sganarelle, celui qui, derrière une simplicité apparente, amène un regard neuf sur les comportements et les manœuvres qui l’entourent, apporte une dimension morale à l’histoire.

La Farce de Maître Pathelin et le théâtre de Molière ont également en commun un comique de situation qui soutient l’intrigue, qu’il s’agisse chez celui-ci de l’imposture du Tartuffe, de la tirade tragique d’un Harpagon bien vivant au fond d’une tombe, ou de la dispute ridicule entre Charlotte et Mathurine à propos d’un Dom Juan au fond indifférent. Le XVIIe siècle fera en outre naître à nouveau les fables d’Ésope et de Phèdre, évoquées par Guillemette, sous la plume de La Fontaine.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur …qui annonce les codes de la comédie du XVIIe siècle >