La nuit des temps

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Résumé

« La nuit des temps » est un roman de René Barjavel, il est paru en 1968 aux éditions des Presses de la Cité en France.

Il est intéressant de noter que « la nuit des temps » était au départ censé être un scénario de cinéma pour un film extraordinaire, de science-fiction, projet lancé par le réalisateur André Cayatte. Ce film nécessitait un budget colossal et ce fut une des raisons pour lesquelles il ne fut jamais tourné, faute de moyens. Barjavel en effet n'en était pas à son coup d'essai et se révéla être un des plus grands écrivains de romans de science-fiction, ce que l'on appelle des romans d'anticipation.

Dans une interview, Barjavel dit lui-même « Je dois mon retour au roman à André Cayatte, le metteur en scène. Un jour il me téléphone en me disant : "Voilà, j'ai un sujet pour un film de science-fiction et il n'y a que vous qui puissiez m'aider à faire l'adaptation et à débrouiller cette histoire.'' » Cependant, après avoir écrit le scénario, il retourna à un projet de roman, voyant que le film ne sortirait finalement jamais.

Le récit débute sur un grand paysage polaire aux couleurs claires, de type pastel dans l'Antarctique. On peut apercevoir de petites taches colorées qui bougent, de très loin, les rendant peu faciles à appréhender. On comprend rapidement qu'il s'agit d'une équipe de chercheurs partie en mission pour une expédition dans le cercle polaire. Cette équipe est constituée de chercheurs français, mais aussi venus du monde entier, qui effectuent des recherches dans la glace afin d'en étudier le relief, l'âge et trouver éventuellement des traces d'espèces disparues. Ils doivent faire attention, et ont beaucoup de temps avant de pouvoir percer et étudier l'épaisse couche de glace atteignant jusqu'à un kilomètre de profondeur. En effet, les couches les plus en dessous datent d'époques très anciennes, proche du million d'années.

Lors de ces recherches, quelque chose d'imprévu se produit, un phénomène étrange semble se dessiner : les appareils de sonde des chercheurs détectent une sorte de signal venant de quelque part sous leurs pieds. Ils ignorent ce que c'est, et à quelle profondeur cela se trouve, et même si c'est dangereux. Une découverte est donc imminente, ce qui crée une nouvelle incroyable dans le monde scientifique. Les meilleurs savants de la planète sont tous réunis ici, et attendent le moment fatidique, peut être une découverte historique, celle d'une civilisation disparue.

Dans ce sens, le roman d'anticipation de Barjavel relate l'aventure de ces chercheurs tel un reportage journalistique, mais la présente aussi comme une épopée à travers les âges, grâce à la science, avec l'espoir de découvrir toujours plus.

Le monde entier découvre ces explorations grâce aux médias présents sur place. Les scientifiques sortent de la glace une '' sphère ovoïde en or '' où reposent deux êtres humains nus tout à fait conservés, mais dont les têtes sont couvertes par un casque en or. Simon est médecin dans cette équipe et prend la décision avec ses autres collègues de réveiller les deux êtres. Ils commencent par le corps de la femme, car ils ne sont pas certains sur la façon de les réveiller, et son corps, en meilleur état présente moins de risques.

Ils réveillent alors la femme, elle dit s'appeler Eléa d'après ses souvenirs. Simon, le médecin a un coup de foudre pour elle. Grâce à du matériel très sophistiqué que les scientifiques posent sur le front d'Eléa, elle transfère ses souvenirs, ensuite diffusés au monde entier par la télévision. L'ensemble de sa mémoire concerne l'histoire de sa civilisation, son histoire personnelle, son histoire d'amour avec Païkan, et raconte aussi comment la guerre a détruit tout son peuple. On voit ici que son monde ressemble au nôtre, à 900 000 ans près. Leur civilisation semble d'ailleurs bien plus à la pointe que celle des humains d'aujourd'hui. Elle s'appelait la civilisation Gondawa. Eléa leur explique sa passion amoureuse avec Païkan juste avant que la guerre n'éclate.

Le récit est très attaché au parallèle entre la civilisation actuelle du roman et celle où a vécu Eléa. Le monde est en émoi face à cette histoire, et l'expédition est plus protégée. D'après le récit d'Eléa, on comprend que son monde allait disparaître. Les scientifiques de son époque avaient ainsi décidé de sauver les humains, en mettant en état d’hibernation un homme et une femme qui s'aiment, afin de leur permettre de repeupler la planète. Le problème, c'est qu’Eléa fut choisie contre son avis, par le scientifique Coban, qui s'est aussi mis en état d'hibernation, séparant à jamais Elea et Paikan. Paikan, avait d'ailleurs ramené Elea, qui s'enfuyait, à Coban pour permettre que l'expérience se fasse. C'est ce qu'elle croit, jusqu'à la fin du roman.

Après avoir enregistré, analysé et recoupé tous les souvenirs d'Elea, le médecin Simon et ses collègues prennent la décision de réveiller l'autre, l'homme. Son mauvais état de santé oblige à procéder à une transfusion de sang, ce qu'Eléa accepte. Mais Eléa réfléchit à sa vie, au fait de devoir être avec cette homme qu'elle pense être Coban. Elle s'empoisonne pour empoisonner Coban, et montre donc son refus de vivre avec lui le reste de sa vie. Seulement la fin est tragique. Ce n'était pas Coban dans cet état, mais Paikan. Elle ignorait que, alors qu'elle était déjà en hibernation, Paikan s'est battu avec Coban, l'a tué et a pris sa place dans la sphère en or. D'où son état de santé déplorable et ses blessures.

Simon, s'en rendant compte trop tard ne peut empêcher ce malheur : le poison fait effet, il ne pourra parvenir à les sauver. Le poison fait vite effet, Paikan à peine réveillé meurt, les deux cœurs s'arrêtent en même temps, ce qui peut sembler romantique, car ils meurent ensemble, de peur de ne pouvoir plus vivre ensemble, par erreur.

Barjavel finit cette tragique aventure en montrant que le progrès n'est pas toujours heureux, que les civilisations sont peut-être toutes destinées à s'éteindre dans des guerres absurdes, et que l'amour existe toujours, quelles que soient les ères.

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