La nuit des temps

par

Les relations amoureuses comme nœuds supplémentaires de la tragédie

Dans ce roman, Barjavel met en scène deuxhistoires d’amour : une histoire qui a lieu dans le passé et une histoirequi se déroule dans la petite station polaire. Ces deux histoires vont guidertout le fil du roman et en influencer les événements. Elles ont deux pointscommuns : elles sont égoïstes et n’ont pas une fin heureuse.

– Deux amours égoïstes : Toutd’abord, dans le passé, Eléa aime Païkan, d’un amour absolu, d’un amour deGondawa : « je suis à Païkan » répète-t-elle sans cesse.Lorsqu’elle est choisie pour rejoindre Coban dans l’abri et sauver l’espèce,elle refuse parce qu’elle ne veut pas se séparer de Païkan. Que chacun d’euxfasse passer leur bonheur avant la survie de l’espèce poussera Païkan à tuer leprofesseur Coban et à prendre sa place dans l’abri alors qu’il sait qu’il nedispose pas des connaissances du professeur pour pouvoir recréer une nouvellecivilisation.

Simon de son côté tombe follement amoureuxd’Eléa dès la première fois qu’il la voit. Son amour est égalementégoïste : il veut effacer en elle le souvenir de Païkan et n’hésite doncpas à la faire souffrir pour qu’elle accepte l’idée que Païkan ne sera plusqu’un souvenir du passé. Il veut également la garder seule pour lui et semontre irrité lorsque d’autres membres de l’équipage l’approchent.

– Deuxhistoires d’amour qui finissent mal : Eléa, qui est réanimée la première, ne sait pas quel’homme qui est à ses côtés est Païkan. Croyant qu’il s’agit de Coban, elledécide de se venger. Elle s’empoisonne et accepte une transfusion sanguine aveclui. Elle met ainsi un terme à ses jours et à ceux de l’homme qu’elle aime sansle savoir.

Simon, qui aime Eléa, sait également qu’ellene pourra jamais aimer un autre homme que Païkan. Il souffre de cette situationet à la fin du récit, il assiste à son suicide sans rien pouvoir faire.

Cette fin ne peut pas ne pas faire penser àplusieurs grandes œuvres de la littérature, telle la scène d’empoisonnement quiclôt Roméo et Juliette de Shakespeareou celle par laquelle Phèdre met fin à ses jours chez Racine, après avoir plusindirectement causé la mort de celui qu’elle aimait. Barjavel s’inscrit doncvia la trame amoureuse de l’œuvre dans toute une tradition si bien qu’on a puvoir dans son roman un immense hypertexte voire un plagiat, la trame narrativede l’ordre de la science-fonction se révélant particulièrement proche de cellede La Sphère d’or de l’AustralienErle Cox, Eléa et la Leeloo de Luc Besson ayant dans cette hypothèse une mêmeinspiratrice en Earani.

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