La reine Margot

par

Catherine de Médicis

Catherine de Médicis jouit d’une réputation des plus noires, et Dumas ne se lasse pas d’y rajouter. Sa caractérisation de la reine-mère est peut-être l’aspect le plus injuste de sa version de l’histoire. Empoisonneuse, menteuse, hypocrite, espionne, superstitieuse, fouineuse, prête à tout dans l’intérêt non du royaume mais de ses fils, le seul détail vaguement rédempteur qu’on peut y trouver est qu’elle aime ses enfants ; mais même là, c’est plutôt d’ambition que d’amour qu’il s’agit. Sa haine d’Henry de Navarre prend sa source dans la prédiction qu’il sera un jour roi, remplaçant les fils de Catherine, chose qu’elle ne peut supporter. Mais elle n’ose pas, du moins au début, agir directement contre lui, sachant trop bien qu’une mort suspecte du chef des Huguenots provoquerait une rupture totale de la paix. Déjà soupçonnée – avec raison – de l’assassinat de la mère d’Henry, elle ne veut pas prendre de risques. Elle cherche plutôt à le compromettre de manière irréfutable.

Crainte de tous, elle cache sa noirceur sous un effrayant aspect mielleux. Possédant les clefs de toutes les portes du Louvre, connaissant tous ses passages secrets, elle est la maîtresse du palais : personne ne peut jamais être certain qu’elle n’est pas à l’écoute, ou qu’elle ne va pas surgir tout d’un coup à la porte. De plus, son influence sur son fils Charles est telle qu’elle règne véritablement sur le pays alors qu’il est parti à la chasse. Il se range presque toujours de son bord et donne suite à tous ses projets, même s’il change quelquefois d’idée et les...

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Dissertation à propos de La reine Margot