Le bal

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Une relation mère-fille viciée par l’envie

La relation entre Antoinette et sa mère est si glaciale que la tension se repère dès le début de l’œuvre. Leurs rapports difficiles sont dus à la récente rentrée d’argent de la famille Kampf, mais également à toutes les nouvelles perspectives de vie que l’argent ouvre pour Rosine. En effet, celle-ci a dû, durant de longues années, se consacrer à son travail de secrétaire en négligeant ses désirs et ses besoins. Aussi, elle entend plus que tout se venger des années passées à mettre ses rêves entre parenthèses, pour enfin les exprimer, et penser un peu à son bien-être.

La colère que Rosine exprime sur les autres est en réalité la manifestation d’une peur qu’on lui retire cette fortune, cette opportunité qui lui permettra enfin de vivre une vie de repos et de plaisir. Cette colère s’exprime davantage sur sa fille, car celle-ci n’a pas encore connu le travail et les maux que la vie inflige au peuple, et il semble légitime pour Rosine que ce soit elle-même qui goûte la première à une existence opulente : « Tu crois que tu entreras “dans le monde” l’année prochaine ? Qu’est-ce qui t’as mis ces idées-là dans la tête ? Apprends, ma petite, que je commence seulement à vivre, moi, tu entends, moi, et que je n’ai pas l’intention de m’embarrasser de sitôt d’une fille à marier… ». L’auteure démontre une fois de plus les conséquences que peut avoir l’argent sur les liens familiaux. L’obsession de prestige de Rosine fait le malheur d’Antoinette qui, oubliée et effacée, n’a pour prix de sa filiation que le mépris et l’indifférence de sa mère.

C’est après la trahison d’Antoinette que paradoxalement Rosine fera preuve, pour la première fois, de reconnaissance et d’amour envers sa fille.

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