Le chant du monde

par

Le besson

C’est le jumeau,l’homme roux, celui par qui le malheur arrive, celui qui n’est pas semblableaux autres. Son nom est Danis, et ce nom n’est employé qu’une seule fois dansle roman. Il n’est désigné que comme le besson.

Il est le fils deJunie et Matelot. « Il ne donnait pas une impression de force noble commeAntonio […], il était large, un peu carré. Son corps n’avait pas non plus cecourage éperdu, cette témérité du corps de Matelot, qu’on sentait fait par latête, emporté par la tête. […] Non, il avait une carrure inconsciente. Sarespiration faisait à peine trembler la pointe de son ventre. Ses épaulesfortement ondulées s’élargissaient comme un joug de montagne. Il avait une têted’enfant ronde, très petite, enflammée de cheveux et de sourcils rouges. »

Son père l’a envoyédans la montagne afin qu’il abatte cinquante sapins, qu’il en fasse un immenseradeau et qu’il les descende dans la plaine en glissant sur le fleuve. Il s’estacquitté de la première partie de sa tâche, mais a croisé la route de Gina, lafille de Maudru, le grand bouvier qui règne en maître sur le pays Rebeillard.Il voit le neveu de Maudru serrer sa belle d’un peu trop près à son goût, alorsil lui tire une décharge de plombs dans le ventre. Le blessé mettra plusieursjours à mourir, et cette mort va déclencher le cycle de vengeance classique,qui ne peut se terminer que par une tragédie : Matelot, père du meurtrier,est poignardé, et son fils le venge en anéantissant par le feu les biens deMaudru. Mais sa vengeance est aveugle, et c’est Antonio qui doit se battre avecle besson pour mettre un frein à cette vengeance implacable et inutile. L’hommeroux et Antonio doivent fuir vers la plaine sur le radeau de troncs de sapins,portés par le fleuve en crue.

Le besson est unimpulsif, il agit sans songer aux conséquences de ses actes : il voitGina, il la prend ; il est jaloux du neveu, il le tue ; on tue sonpère, il détruit. 

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