Le Devisement du monde

par

Livre III

Marco Polo s’intéresse à l’Inde et entame
le livre par la description des grands navires qui y sont utilisés,
« faits ordinairement de bois de sapin ». Située en haute mer et
abondante en or, l’île de Zipangu est attaquée par le Grand Khan mais les chefs
de ses deux grandes armées se disputent et leurs vaisseaux se brisent et
périssent en mer. Assiégés pendant sept mois, les Tartares finissent par être
chassés par le roi de Zipangu. Les habitants de l’île sont décrits comme des
gens cruels qui adorent plusieurs idoles et mangent la chair des étrangers.
Zipangu se trouve dans la mer de Cim qui contient un total de sept mille quatre
cents îles. En naviguant vers le sud-ouest à partir du port de Zeiton, on
trouve la province de Ciamba, abondante en moutons et en éléphants, qui fut
attaquée en 1268 par Sogatu, général du Grand Khan. Dans l’île de Java, il y a
« du poivre en abondance, des noix muscades et autres aromates ». Dans
la province de Soucat, on vit avec des ours apprivoisés et l’on utilise des
grains d’or comme monnaie. L’île de Petan quant à elle est recouverte de
beaucoup de forêts. Le royaume de Maletur est connu pour son abondance en
aromates alors que la petite Java produit divers parfums. Le récit décrit
ensuite plusieurs royaumes : Ferlech dont les habitants adorent « la
première chose qui se rencontre le matin dans leur chemin », Basman où l’on
trouve des éléphants et des singes en abondance, Samara dont les arbres
produisent une liqueur, Dragoiam où les hommes tuent et mangent leurs malades
inguérissables, Lambri où croissent des « arbres de brésil », et
Fansur qui produit un excellent camphre « qui se vend au poids de
l’or ».

Le récit se poursuit avec
l’évocation des îles de Necuram, Angania et Seilan, puis de la province de
Maabar, appelée également « la grande Inde », dirigée par cinq rois
qui dépensent beaucoup d’argent pour acheter des chevaux. Dans le royaume de
Lar, les habitants adorent un bœuf comme une divinité, fréquentent des
monastères « où l’on sert les idoles », et ont coutume de s’asseoir à
terre. Le corps de saint Thomas est conservé dans une petite ville de la
province de Maabar et les habitants témoignent d’un miracle survenu dans son
tombeau en 1277. Plus loin, les montagnes du royaume de Mursili sont riches en
diamants alors que dans la province de Laë les habitants se déplacent tout nus et
« ne se servent pour la vie ni de chair ni de vin et ne tuent aucun
animal ». Dans le royaume de Coilum, on cultive beaucoup de poivre, « on
le recueille dans les mois de mai, juin et juillet ». Le pays de Comar est
invoqué comme la partie de l’Inde de laquelle on peut voir le pôle arctique. Le
récit se poursuit avec l’évocation de plusieurs royaumes : Eli qui
« n’a pas un grand peuple », Mélibar dont les pirates « écument
la mer avec cent navires », Gozurath connu pour un arbre qui
« rapporte du fruit pendant vingt années », et les trois îles de
Tana, Cambaeth et Semenath « où l’on fait plusieurs sortes
d’ouvrages ». Ensuite, Marco Polo évoque deux îles nommées Mâle et Femelle
et où les hommes et les femmes vivent séparément. L’île de Scoira « abonde
en soie et en poissons » et beaucoup d’enchanteurs y vivent. L’île de
Madaigascar « produit beaucoup plus d’éléphants qu’aucun pays du
monde » et celle de Zanzibar « fait un grand trafic d’ivoire ».
Dans les îles par-delà Madaigascar, on trouve un grand oiseau nommé ruc,
« ayant la figure d’un aigle, mais d’une grandeur extraordinaire ».
Le récit se poursuit avec l’Inde moyenne qui commence avec la province
d’Abasia, divisée en sept royaumes, et où un évêque a été maltraité par le
sultan en 1258. La province d’Aden vit du commerce des aromates et la ville
d’Escier, située « à quarante milles du port d’Aden », abonde en
encens blanc « qui découle de certains petits arbres peu différents des
sapins ».

Si le récit original de Marco Polo
prend fin à ce niveau, il est complété par une partie supplémentaire qui
contient « des notes détachées » et « des récits
épisodiques » retraçant les souvenirs du Vénitien. Cette dernière partie
commence avec l’évocation des Tartares vivant dans les pays septentrionaux ;
ils adorent un dieu nommé Natigai et demeurent dans les montagnes et les
campagnes. Un autre pays, où l’on fait le commerce de divers animaux dont des
hermines, des écureuils et des renards noirs, est difficilement accessible à
cause de sa terre marécageuse, qui oblige les marchands à utiliser des
traîneaux pour s’y déplacer. Marco Polo évoque un autre pays dit des Ténèbres
car le soleil n’y paraît pas pendant une grande partie de l’année. Ses
habitants sont « pâles de couleur » et constamment menacés par les
Tartares. Enfin, le récit s’achève avec l’évocation de la province de Rutheni
(Russie) qui s’étend « presque jusqu’au pôle arctique ». Elle dispose
de plusieurs mines d’argent et ses habitants sont « blancs et beaux »
et ont les cheveux « plats ».

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