Le Diable et le Bon Dieu

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Acte I

Premier tableau. À gauche, une salle du palais de l’Archevêque. À droite, la maison de l’Évêque et les remparts. L’Archevêque, à une fenêtre, s’attriste d’avoir perdu le contrôle de sa ville, Worms. Un serviteur entre et annonce que ses troupes sont sur le point de remporter la bataille en cours et de vaincre Conrad, le chef ennemi qui a organisé la prise de Worms. Quelques instants plus tard, on crie victoire : Conrad a été tué, la bataille est remportée.

            On voit alors ce qui se passe chez les ennemis : Heinz, Schmidt et Nasty contemplent leur échec depuis les remparts. Seul Nasty, confiant du fait de sa foi ardente, pense que leur camp vaincra par une autre voie.

            Le Banquier conseille à l’Archevêque de ne pas essayer de récupérer Worms par la force –la ville est toujours sous le contrôle des ennemis. L’Archevêque avoue que la décision relève de Goetz, le frère de Conrad, qui dirige les troupes de l’Archevêque et tient, quant à lui, à saccager Worms – Goetz a une réputation d’impitoyable traître puisqu’après avoir aidé son frère à prendre possession de Worms, il l’a trahi. « C’est un bâtard de la pire espèce : par la mère. Il ne se plaît qu’à faire le mal. »L’Archevêque, qui ne tient pas à voir ce massacre avoir lieu, ne pense malheureusement pas pouvoir l’arrêter.

            Chez les ennemis, Nasty compte, pour contrer Goetz, former une armée de paysans. Le bon déroulement de ce plan exige cependant que le Conseil n’ouvre pas les portes de la ville à Goetz, sous prétexte qu’il aurait promis d’entrer en paix, car dès lors il pourrait se livrer à son massacre et la victoire serait sienne. Nasty propose donc d’organiser un massacre des clercs, en les faisant passer pour des tyrans qui tiennent volontairement les pauvres dans leur misère, pour que les citoyens de Worms, effrayés, refusent d’ouvrir les portes de la ville. Dans la rue survient un mouvement de foule auquel assiste Heinrich, prêtre qui a fait vœu de pauvreté. L’Évêque se montre à son balcon et s’engage à aller supplier Goetz d’être clément. Nasty s’emporte et affirme que L’Évêque – c’est un mensonge – dissimule de la nourriture en quantité. Nasty et ses hommes finissent par rentrer dans le palais de force et tuent l’Évêque – et ce n’est que le début : Nasty est bien résolu à faire massacrer tous les clercs de la ville. L’Évêque en mourant confie à Heinrich la clef d’un souterrain qui mène au camp de Goetz : Heinrich doit donc choisir entre sauver les deux cents prêtres du palais – en les faisant s’échapper par le souterrain et en faisant un pacte avec Goetz – ou sauver les vingt mille hommes de la ville en laissant les prêtres à la merci de Nasty.

            Deuxième tableau. Aux abords du camp de Goetz, des officiers se disputent concernant le sort des malades du choléra. Goetz et Catherine, sa compagne, entrent. Goetz est ferme : ils prendront la ville cette nuit, sans plus attendre. Heinrich est venu leur dire qu’il pouvait les faire entrer.

            Troisième tableau. Hermann, l’un des officiers, se tient dissimulé dans un recoin de la tente de Goetz, mais il est surpris par Catherine. Il lui avoue qu’il a prévu de tuer Goetz. Catherine veut d’abord  vérifier si Goetz a l’intention de la garder auprès de lui ou non – s’il refuse, Catherine laissera Hermann agir.

            Goetz entre, Hermann se cache. Le Banquier tâche de dissuader Goetz d’attaquer la ville, en vain. Goetz lance le début des opérations ; les troupes, en arrière-plan, se préparent. Catherine demande quel sort il lui réserve. Il finit par laisser paraître qu’il se fiche totalement d’elle, et Hermann sort de sa cachette. Il se fait empoigner in extremis par Goetz, qui le punit très cruellement ainsi que Catherine.

            Nasty entre et frappe Goetz au visage. Il se livre ainsi à Goetz car, en sortant de Worms pour aller former, comme il le disait plus tôt, une armée de paysans dans les campagnes environnantes, il a entendu que Goetz allait attaquer Worms dans la nuit : se livrer était le seul moyen pour s’entretenir avec lui et tenter de l’en dissuader au plus vite. Nasty veut que Goetz mette ses forces au service de sa cause, pour les pauvres, contre les riches. Goetz refuse. Pour punir Nasty d’abord d’être un ennemi mais surtout d’être aussi insolent à son égard, Goetz promet de le tuer, mais avant tout de lui faire recevoir l’extrême-onction par Heinrich.

            Heinrich est très embarrassé de voir Nasty car sa propre présence en ces lieux dit assez qu’il a choisi de sauver les prêtres et non les citoyens de Worms. Il demande pardon, en vain. Les troupes sont prêtes ; Goetz va partir à l’attaque et se réjouit de sa puissance maléfique. Heinrich le reprend et lui fait voir la banalité du Mal : « Dieu a voulu que le Bien fût impossible sur terre. – Impossible ? – Tout à fait impossible : impossible l’Amour ! Impossible la Justice ! Essaie donc d’aimer ton prochain, tu m’en diras des nouvelles. » Goetz est piqué au vif par de tels discours et finit par parier qu’il fera le Bien.

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