Le Diable et le Bon Dieu

par

Hilda

Hilda est l’image de la droiture morale, de la pureté et du véritable bien dans la pièce. Elle est la deuxième femme aimée par Goetz dans l’œuvre, et c’est elle qu’Heinrich vient trouver lorsqu’il veut obtenir un compte-rendu du pari lancé au chef militaire.

Hilda est frappante par son honnêteté et la puissance de ses convictions. Malgré son intimité partagée avec Goetz, elle lui reproche de l’avoir entraînée de l’autre côté du champ de bataille : « Tu m’as fait passer de l’autre côté de la barrière : j’étais avec ceux qui souffrent ; maintenant je suis avec ceux qui décident des souffrances ». Cependant, ce revirement de situation n’altère en rien sa morale puisqu’elle parviendra à sauver Goetz de la folie qui le tourmente à la fin de la pièce. Elle se fait un devoir de toujours rester du côté de ceux qui subissent les volontés et les oppressions des plus fortunés et des plus puissants.

Cependant, sa conception de la religion est bien particulière ; elle affirme que l’on ne peut rencontrer Dieu que si soi-même l’on parvient à aimer quelqu’un sur Terre, mais qu’à l’inverse, les humains qui s’aiment échappent ainsi au regard de Dieu : « L’amour est cette nuit-là. Les gens qui s’aiment, Dieu ne les voit plus ». Ainsi, elle tisse un lien indéfectible entre vie terrestre et croyance, abolissant le clivage ecclésiastique qui tend à défendre que l’amour de Dieu est exclusif et ne concerne que ceux qui n’aiment aucun plaisir terrestre. Elle s’oppose donc en cela au personnage d’Heinrich, curé qui pense trouver la salvation dans l’abandon de toute vie terrestre.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Hilda >