Le Diable et le Bon Dieu

par

Goetz

Goetz est le personnageprincipal de la pièce, celui qui va tenter de prouver tout au long de celle-cil’inefficacité et l’inexistence de Dieu, et ainsi la futilité de la foi deschrétiens.

Goetz est le fils illégitimed’une famille noble. Cruel, traître, sanguinaire, ayant un penchant naturelpour la violence et le meurtre, ce chef militaire n’a de cesse de défier laprésence de Dieu qu’il juge hypothétique, et rejette les ordres de l’archevêqueen menant une attaque dévastatrice contre la ville de Worms, en guerre contrele clergé.

Par défi envers le mondemonacal, Goetz décide donc de montrer par cette action interdite et totalementgratuite l’abandon du monde par Dieu et le caractère vain de la croyance.Ainsi, il n’est pas foncièrement ni athée ni partisan du Mal, mais il joue cerôle de personnage antiprophétique. Tout au long de l’œuvre, ses actions sontnon pas motivées par sa volonté de prouver l’existence du Diable, maisd’affirmer la non-existence de Dieu afin de nier les dires du curé Heinrich. Ainsi,sa devise est de prouver au monde que la foi n’est qu’une « espièglerie considérable : Dieu n’existe pas ».

Le rôle même du personnagen’est donc qu’une vaste farce, une simulation poussée à l’extrême qui tire versl’absurde : Goetz, s’évertuant à prouver la non-existence d’une croyance,est tout ce qu’il y a de plus insensé, car le principe même d’une croyance estbasé sur le fait que l’on n’a pas besoin de preuves pour croire. Ainsi,lui-même ne semble pas croire à son propre rôle, se faisant l’acteur d’uneimmense parodie. Il jure, blasphème, renie Dieu à outrance, d’une manière tropabondante et trop provocatrice pour être prise au sérieux. Il revêt à justetitre le rôle du bouffon et tente de persuader le monde de l’ingéniosité de sonentreprise. Il se voit tel un grand créateur négatif qui, à l’inverse de Dieu,au lieu de créer le monde, le détruit et tente de répandre néant et vide dansl’esprit des hommes : « Pourquoifaire le mal ? / Parce que le Bien est déjà fait. / Qui l’a fait ? / Dieule Père. Moi j’invente. »

Il est néanmoins nécessairede ne pas le confondre avec une quelconque représentation du Diable. Son rôleest moins affirmé que cela, puisqu’il se voit davantage comme un bouffoncherchant à divertir son existence par la provocation et non comme un véritableadepte du Mal. Cette affirmation n’est qu’une couverture pour lui permettre dese moquer du clergé.

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