Le Diable et le Bon Dieu

par

Acte III

Septième tableau. Une place à Altweiler. Une instructrice donne une leçon à des paysans, leçon formatée par la propagande : on n’y parle que d’Amour, et on distingue une période pré-Goetz, où l’on était mauvais, d’une période Goetz, pleine de félicité. La fameuse Cité du Soleil dont rêvait Goetz est enfin fondée. Hilda annonce qu’elle va partir. Goetz la supplie de rester, car il se sent terriblement seul. Nasty annonce que la révolte des paysans restés en dehors de la Cité est sur le point d’éclater, et que la responsabilité en incombe à Goetz, qui a lancé une vague d’émules partout dans le pays. De nouveaux prophètes ont en effet émergé un peu partout, mais ce sont des prophètes sanguinaires et vengeurs. Nasty pense que l’on peut canaliser le peuple en lui faisant perdre une bataille. Il demande à Goetz, dont les talents militaires ne sont plus à prouver, de diriger les opérations. Goetz et Hilda prennent ensemble la décision de refuser de s’impliquer dans la guerre. Goetz propose d’aller dire aux paysans qu’il faut éviter la guerre à tout prix en raison de leur faiblesse.

            Huitième et neuvième tableaux. Goetz essaie de convaincre les paysans qu’ils ne doivent pas combattre. Mais c’est Karl, prêchant en faveur de la révolte, qui emporte leur adhésion, et sa légitimité est validée par Nasty. Le jour se lève, la Cité de Goetz a été décimée, les habitants massacrés par la révolte paysanne, car ils ont refusé de se battre. Goetz est à bout de force : « Je t’ai interrogé, mon Dieu, et tu m’as répondu. Sois béni parce que tu m’as révélé la méchanceté des hommes. Je châtierai leurs fautes sur ma propre chair, je tourmenterai ce corps par la faim, le froid et le fouet : à petit feu, à tout petit feu. Je détruirai l’homme puisque tu l’as créé pour qu’il soit détruit. »

            Dixième tableau. Même décor, six mois plus tard. Goetz, devenu ermite, s’interdit de boire ou de faire l’amour pendant de longues périodes – s’il cède, il se fouette. Heinrich le rejoint et annonce que Nasty et son armée de paysans ont lamentablement échoué à vaincre l’armée des propriétaires. Les événements ont coûté vingt-cinq mille vies. On recherche maintenant Goetz pour se venger de lui : son implication aurait tout pu changer.

Vient l’heure du procès de Goetz, en face à face avec Heinrich : a-t-il réussi à être bon ou non ? Le bilan est catastrophique. Mais au fil des mots, Goetz prend conscience qu’il a toujours été le seul maître de ses décisions. Il en arrive à la conclusion que Dieu n’existe pas. Goetz finit par tuer Heinrich qui ne supporte pas cette conclusion. Goetz annonce à Hilda que Dieu est mort. Les paysans arrivent pour le tuer.

            Onzième tableau. Dans le camp des paysans. Nasty est amer : face à tous ces échecs, il en arrive à la conclusion que Dieu l’a trompé. Goetz s’est fait prisonnier des paysans qui venaient le tuer, il est amené au camp, il souhaite rejoindre l’armée. Après discussion, il accepte de prendre les commandes : « Je leur ferai horreur puisque je n’ai pas d’autre manière de les aimer, je leur donnerai des ordres, puisque je n’ai pas d’autre manière d’obéir, je resterai seul avec ce ciel vide au-dessus de ma tête, puisque je n’ai pas d’autre manière d’être avec tous. Il y a cette guerre à faire et je la ferai. »

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