Le Monde comme Volonté et comme Représentation

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Livre IV : Ethique

Dansce quatrième et ultime livre, Schopenhauer réfléchit sur la morale qui doitpermettre à l’homme de mieux se connaître lui-même, et étudie la volonté devivre, ainsi que la non-volonté de vivre. L’éthique, appréhendée comme lasource d’un comportement, est à la source de deux types de comportements :l’affirmation et la négation de la volonté.

L’auteurretient l’idée selon laquelle la volonté humaine est en conflit avec elle-mêmedu fait de l’égoïsme de l’individu. L’égoïsme vient de l’illusion del’individualité et doit être combattu par la compréhension puis la négation duvouloir-vivre. Lorsque les volontés s’affrontent, l’individu veut faire primerla sienne : c’est l’égoïsme, lié à la volonté de vivre. Cette volonté devivre crée chez l’individu le sentiment que sa volonté et sa vie propre doiventprimer sur celles d’autrui. L’auteur estime que pour lutter contre l’égoïsme,il faut nier le vouloir-vivre en tant que tel, sans renoncer à la vie. Il fautrenoncer à la volonté de faire primer sa vie sur celle d’autrui.

Schopenhauerestime également que la volonté n’est pas libre, au sens où il n’existe selonlui aucun libre arbitre. Le fait qu’elle ne soit pas libre a pour effet qu’onpeut modérer cette volonté, mais elle ne saurait être niée, car elle esttoujours liée à une cause, qui elle existe également.

Schopenhauerévoque aussi le bouddhisme et l’hindouisme qu’il tient en très haute estime.L’ascétisme, la simplicité de la pratique, mais aussi la pureté des croyanceset le respect de la nature en font selon lui des exemples à suivre vers lasagesse : l’ascèse permet de moduler la volonté individuelle afin d’enaffaiblir les effets néfastes sur autrui. Au contraire, il n’apprécie guère leprotestantisme lié au capitalisme ou encore le christianisme et l’islam,religions qu’il juge non réalistes par ce qu’elles promettent aux croyants. Deplus, il reproche aux religions monothéistes leur intolérance mais aussi leurmanque de compassion envers les animaux. Ainsi il estime que ces religions nemènent pas vers la vérité car elles s’adressent à une masse d’individus et leurapportent une vérité au sens allégorique quand la philosophie apporte unevérité au sens propre.

L’exercicede la volonté ne doit donc pas être supérieur à sa propre sphère d’influence,et ne doit pas être esclave de l’égoïsme, car cela causerait du tort à autrui.L’épanouissement de l’individu ne doit pas se faire au détriment d’un autre.

Quantà la négation de la volonté, selon Schopenhauer, le suicide n’en relève pas, carla mort ne supprime pas la volonté. Le suicide est selon l’auteur uneaffirmation de la volonté individuelle par la décision de ne plus vivre, lavolonté prenant même le pas sur la vie, que l’on arrête contre le cours de lanature.

L’auteurconclut que l’individu doit prendre conscience que la plupart de ses désirs neseront jamais satisfaits, en se détachant de sa propre volonté et en prenant durecul. Ceci posé, il ne doit pas se résigner à être frustré ou malheureux, ildoit accepter cet état de fait et assouvir ses désirs selon son pouvoir, afinde respecter sa volonté et ainsi vivre une vie convenable. 

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