Le Pianiste

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L'instinct de survie plus fort que le découragement

On l'a dit, Wladyslaw Szpilman est un pianiste connu dans l'Europe entière. Son monde est à mille lieux des préoccupations guerrières et a fortiori de l'esprit destructeur des barbares nazis. Quand ces derniers envahissent Varsovie et soumettent les Juifs à des exactions sans nombre, jusqu'à les déporter afin de les exterminer, Wladyslaw Szpilman change de dimension. Il passe de la sphère raffinée de la musique romantique à celle d'une des pires barbaries que le monde ait connues. S'il est un homme qui n'est pas préparé à survivre dans ces conditions, c'est bien lui. Et pourtant, il survit. Et c'est lui qui aura le dessus.

L'histoire de cette survie est celle d'une descente progressive : Wladyslaw Szpilman passe des salles de concerts prestigieuses et des studios de Radio Varsovie à des salles de restaurants fréquentées par des profiteurs, des gens malhonnêtes, peu recommandables et incapables d'apprécier la subtilité de l'art de Wladyslaw Szpilman. Celui-ci demeure préoccupé par l'état de ses mains : si elles sont abîmées, c'en est fini de sa carrière de concertiste. Or, quand sa famille aura été déportée et qu'il aura échappé au convoi vers la mort, il lui faudra exercer la profession la plus dangereuse qui soit pour les mains : ouvrier du bâtiment. Sur le chantier, sa condition d'« intellectuel » est un handicap, aux yeux des gardes sadiques et aussi des autres ouvriers : « Comment ça, Szpilman ? Je croyais que tu jouais du piano à la radio avant ? Un musicien comme toi... Et tu ne peux même pas tenir une pelle ou enlever un peu de chaux d'une planche ? [...] Abruti ! » Chopin et Beethoven sont bien loin. Sa crainte d'abîmer ses mains est telle qu'une foulure de la cheville devient une aubaine : « un heureux coup de...

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