Le Pianiste

par

Le salut par la musique

Comment survivre quand un monde s'écroule et que la civilisation et la culture sont remplacées par la barbarie ? La famille de Wladyslaw Szpilman a choisi : ce sera par la musique. La musique, c'est la seule chose qu'ils savent faire. L'un d'entre eux – Wladyslaw Szpilman lui-même – est un instrumentiste de renommée internationale. Alors le père et la mère vont donner des cours particuliers de musique, et le fils va jouer. Cela permet à la famille de manger, de vivre un jour, une semaine de plus. Le salut matériel est assuré. Mais les choses vont bien au delà d'une survie simplement matérielle.

En effet, tant que la musique demeure, l'art demeure, et la barbarie ne s'installe pas. Il est révélateur que le dernier programme émis par Radio Pologne, en plein bombardement, soit la diffusion d' « un enregistrement pour piano en do majeur de Rachmaninov ». Un pays entier refusait de descendre là où ses assaillants voulaient l'entraîner. Il s'agit donc du salut de l'esprit, après celui du corps. La musique va permettre à Wladyslaw Szpilman et sa famille de traverser les premières semaines de la guerre sans sombrer : ils se réunissent entre mélomanes et donnent des concerts : « C'était une belle journée ensoleillée. Nous étions tous d'excellente humeur. Nous nous disposions à jouer une sonate de Beethoven que nous n'avions pas exécutée ensemble depuis longtemps. [...] Nous savions que les Allemands étaient aux portes de Paris, mais personne ne s'en inquiétait vraiment. » C'est la fraternité de la musique qu'ils vivent, et non celle des armes. Ils savourent un moment isolé, en choisissant de s'abstraire de la réalité, comme par la méditation. « Je me suis installé au piano, entouré par des...

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