Le sanglot de la terre

par

Un cosmos moribond

Mais sous le titre lacrymogène Le Sanglot de la Terre, on voit aussi la terre heurtée, mourante. Laforgue élabore son cosmos en train de mourir dans ce recueil à travers divers poèmes comme par exemple Sonnet pour un éventail, Apothéose, Crépuscule de dimanche d’été. Un sanglot terrestre échappe au poète, provoqué par la contemplation de l’Univers, ou de la Terre vue de l’espace. Il y voit la fragilité de l’homme : ‘L’homme entre deux néants n’est qu’un jour de misère’ (Sonnet pour un éventail). Laforgue abandonne les galaxies de son imagination pour se faire homme, pour décrire l’obscurité et la pauvreté de la vie des hommes, égarés dans cette absurdité inhumaine : ‘Abandonnés de tout, sans amour et sans pères / Seuls dans l’affolement universel des Cieux. (Crépuscule de dimanche d’été). Mais en tant que poète de la révolte, il se met contre Dieu, telle une âme désespérée : ‘Ce sera contre Dieu la clameur fraternelle. Et quand sera-ce ? A l’heure des morts universelles.’ (L’Impossible)

La terre pourra mourir de différentes façons ; par un refroidissement du soleil par exemple : Les temps sont révolus! Morte à jamais, la Terre / Après un dernier râle (où tremblait un sanglot!) / Dans le silence noir du calme sans echo / Flotte ainsi qu'une épave énorme et solitaire.’ (Marche funèbre pour la mort de la Terre). Nous sommes invités d’assister aux funérailles de la Terre, pas à nôtres. La planète s’est réduite à une personnification fragile, détachée de la terre immobile sous nos pieds.

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Dissertation à propos de Le sanglot de la terre