Lélia

par

Sténio

« Jeune homme aux yeux bleus », Sténio est un poète romantique qui aime profondément Lélia et ne s’en cache pas. Il s’agit d’un personnage presqu’aussi important que celui de Lélia puisqu’une force magnétique l’attire constamment vers elle sans forcément l’approcher de très près. Contrairement à Lélia qui représente l’abstraction et la transcendance, Sténio aspire à la vie réelle, telle qu’elle est. Il désire aimer réellement et rejette l’amour simplement platonique. Tout au long du roman, on assiste à un homme à la quête de l’amour charnel, une quête qu’il n’abandonne pas, même si elle le fait profondément souffrir et le détruit progressivement.

Ce qui désespère Sténio, c’est que plus il cherche à comprendre Lélia, et plus ce personnage lui paraît compliqué et insolvable. Il se perd dans les descriptions qu’il fait de la femme qu’il aime : une femme d’une beauté extraordinaire mais d’une froideur morbide. Une femme si réelle, mais si absente à la fois. Cette souffrance s’accentue lorsqu’il apprend la présence de rivalités. Il sera bien jaloux par Trenvor, dans un premier temps, un grand ami et confident de Lélia qu’il rencontrera au chevet de Lélia, souffrant du choléra. Lélia, malade, rassemble tous ses soupirants autour d’elle puisque, Magnus, un moine éprouvant secrètement des sentiments pour Lélia sera là, lui aussi.

Sténio est donc déchiré de ne pouvoir aimer Lélia comme il l’entend. D’abord, il ne comprend pas ce personnage mystérieux et inaccessible, ensuite, il fait connaissance de ses concurrents mais aussi, il espère en vain après les promesses faites par Lélia de l’aimer, mais qui s’avère finalement être des paroles en l’air. Un soir alors qu’il attendait de recevoir enfin sa jolie princesse, c’est Pulchérie, la sœur de Lélia qui apparaît au pas de sa porte. Ceci replonge Sténio dans un désespoir encore plus grave que le précédent. L’accumulation des déceptions  amoureuses vont pousser Sténio à se suicider, ne pouvant plus supporter la situation dans laquelle il vit. Sa mort est d’ailleurs décrite de manière poétique et romantique, un tableau qu’aurait volontiers signé Sténio :

 « C'était un si beau spectacle que cette nature tendre et coquette autour d'un cadavre, que Magnus, ne pouvant croire au témoignage de sa raison, appela Sténio d'une voix stridente, et saisit sa main glacée comme s'il eût espéré l'éveiller ».

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