Les Conquérants

par

La mort pour un idéal

Lespersonnages que Malraux présente dans LesConquérants sont des hommes différents, qui adhérent à des conceptionsdifférentes de la révolution. Tandis que l’un espère conduire à la démocratiepar des moyens pacifiques, un autre aspire à une révolution politique etsociale, un autre encore cherche à assainir par l’assassinat, et ainsi desuite. Toutefois, aussi différents qu’ils soient, les personnages du roman sontunis derrière une mission commune, une croyance profonde en le bien-fondé deleur démarche. Malraux ne présente pas uniquement des hommes déterminés àconquérir la liberté, mais des hommes disposés à mourir pour elle.

« En cet instant même, combiend’hommes sont en train de rêver à des victoires dont, il y a deux ans, ils nesoupçonnaient pas même la possibilité ! J’ai créé leur espoir. Leur espoir. Jene tiens pas à faire des phrases, mais enfin, l’espoir des hommes, c’est leurraison de vivre et de mourir… »

Lerécit n’est pas inspiré d’événements appartenant à un passé lointain. Au momentde la publication du roman en 1928, le souvenir de la révolution chinoise de1925 est encore récent. La proximité chronologique des héros évoqués rendl’engagement de ces hommes encore plus palpable, et donc admirable. Pour lespersonnages du roman, les révolutionnaires de Malraux, l’espoir d’une victoireest une raison suffisante de mettre leur vie en jeu. Ces hommes n’envisagent pasd’entreprendre une révolution sans faire preuve de l’engagement le plus absoluà une cause. Pour eux la mort est un prix raisonnable à l’avancement des idéauxqu’ils défendent :

« Devant la mort certaine, uneexaspération désolée naît en moi de ses affirmations, de ses espoirs. J’aienvie de lui dire : “Assez, assez ! Tu vas  mourir.” Une tentation furieuse monte, quesuffisent pourtant à refouler sa présence et une impossibilité physique. La maladiea creusé à tel point son visage que je n’ai besoin d’aucun effort pourl’imaginer mort. »

Maisles révolutionnaires ne placent pas uniquement la cause au-dessus de leursvies. Ils placent la cause qu’ils défendent au-dessus de toutes les vies, et semontrent capables, si les circonstances le demandent, d’ôter la vie à d’autres.

Le personnagede Garine interpelle : il est malade et mourant. À l’image des autresrévolutionnaires, il a conscience de risquer sa vie et il accepte le risque.Pourtant, il a peur de mourir, peur de mourir autrement qu’au service de sacause. Et l’éventualité de mourir de maladie plutôt qu’en tant querévolutionnaire lui fait dire que la vie est absurde. 

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