Les Conquérants

par

Un roman historique

Les Conquérantsest un roman qui touche à la révolution chinoise de 1925. Le roman commenceavec la phrase : « 25 Juin. La grèvegénérale est décrétée à Canton. ». Comme le dit André Malraux : « C’était la première grève générale,et la première phrase de mon premier roman ».  Le romancier installe d’emblée la situationde manière à plonger le lecteur directement dans l’atmosphère fiévreuse de larévolution. Il informe son lecteur des différentes composantes qui participentde près ou de loin aux combats. Le lecteur saura, par exemple, que leKuomintang est un parti nationaliste chinois qui a la prétention d’être le « parti du peuple du pays » etdont l’ultime objectif est de paralyser le commerce et tout transport maritimebritannique entre Hong Kong, la colonie anglaise, et Canton, afin de libérer lepays de toute emprise économique européenne.

Lelecteur se rapprochera de personnalités telles que Garine et Borodine dans lecamp des révolutionnaires, mais également des dangereux terroristes tels queHong par exemple. Il connaîtra les secrets, les sentiments et l’influence dechacun. Les conséquences de la grève, les paysages désolants de Hong Kongdécrits, la ville ressemblant de plus en plus à une ville fantôme, le champlexical utilisé par l’auteur ne peuvent qu’imprégner le lecteur de l’ambiancerévolutionnaire.

« Chaque jour, les nouvelles précisentle drame qui commence ; il prend corps ; maintenant, menace directe,il hante tous les hommes du paquebot. Jusqu’ici, l’hostilité du Gouvernement deCanton s’était manifestée par des paroles : voici que, tout à coup, lestélégrammes traduisent des actes. Ce qui touche chacun, ce sont moins lesémeutes, les brèves et les combats des rues, que la volonté inattendue, et quisemble tenace comme la volonté anglaise, de ne plus se payer de mots,d’atteindre l’Angleterre dans ce qui lui tient le plus au cœur : sa richesse,son prestige. »

Malrauxparvient à présenter ses personnages dans cette ambiance d’accalmie avant lapotentielle guerre ouverte. Il introduit des personnages inspirés de laréalité, mais à travers eux, il présente tous les grands hommes politiques quiont osé défier l’oppression et la torture des dictateurs au nom de la libertéet de la démocratie : « Cetterévolution-ci est en train de donner à chacun sa vie. Contre cela, aucunepuissance occidentale ne peut agir ».

Lesconquérants sont des révolutionnaires. À leur tête, se tiennent les courageuxet vigoureux Garine et Borodine, deux personnages qui incarnent des idéaux opposésmais qui s’unissent pour défendre certaines valeurs humaines – « La liberté appartient à ceux qui l’ontconquise ». Selon Malraux, bien que l’on soit tous différents, que l’on aitnos propres aspirations, cela ne doit pas nous empêcher de défendre ou deprotéger une même cause, surtout si elle est digne et qu’elle concerne toutel’humanité : « Oui, ils ont,dans l’ensemble, plus de cœur, plus d’humanité que les autres ; vertus devaincus… Ce qui est bien certain, c’est que je n’ai qu’un dégoût haineux pourla bourgeoisie dont je sors. Mais quant aux autres, je sais si bien qu’ilsdeviendraient abjects, dès que nous aurions triomphé ensemble… Nous avons encommun notre lutte, et c’est bien le plus clair… »

Parmiles conquérants, on peut également compter Tcheng-Daï,ce fameux pacifiste qui rejette toute répression, la peur, la violence. Mêmes’il ne participe pas directement  auxcombats, il soutient, au fond, la révolution, espérant que celle-ci va aboutirà la démocratie.

 

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Un roman historique >