Les Conquérants

par

Une aventure révolutionnaire

AndréMalraux choisit un narrateur, pour raconter l’histoire de la révolutionchinoise, qui s’exprime à la première personne du singulier. Est-ce pour autantque Malraux s’identifie avec ce personnage important ? Nous savons dès le débutdu roman que le narrateur est venu d’Europe en Chine en bateau, qu’il a faitescale à Saigon, et que le but de son voyage en Orient était de voir lacolonisation chinoise s’effondrer. Ce passage est forcément tiré desexpériences passées d’André Malraux puisque lui-même a fait plusieurs voyagesen Asie, s’est même arrêté une fois à Saigon où il a créé un journal contre lacolonisation.

 Le roman présenté sous forme de journal debord contribue à faire du récit une véritable aventure. Le lecteur adopteentièrement le rôle d’observateur du narrateur. Il observe sans jamaisinfluencer de manière concrète le déroulement des événements.

« 5 heures.

Shameen. – L’électricité ne fonctionneplus. Les ponts ont été fortifiés à la hâte et coupés par des lignes de fils defer barbelés. Ils sont éclairés par les projecteurs des canonnières. »

Les Conquérantsest le récit d’une révolution vue à travers le spectre des relations humaines entretenuesentre ses différents acteurs. Ce n’est pas la révolution qui est mise en avant,mais les hommes qui la portent. On serait tentés de le considérer comme uneprésentation intime des décisions et des actions qui ont conduit à la révolutionchinoise de 1925 – une présentation appuyée de portraits psychologiques trèsprofonds où les instigateurs sont livrés au regard du lecteur.

Ainsidevient-on à travers la lecture desConquérants des complices par procuration d’une révolution. Dans cetteambiance de danger constant, de clandestinité, de conflits politiques etd’enjeux grandioses, tous les éléments de l’aventure sont mis en avant. Deplus, le point de vue partiel du narrateur renforce le sentiment d’authenticitéde l’histoire racontée. On découvre ainsi les difficultés, les doutes, lesdangers, les victoires et les défaites auxquels font face ces révolutionnairesqui tentent de conquérir la liberté d’un pays, en affrontant avec la force deleurs convictions la puissance d’un empire colonial.

« Garine respire profondément, puislit les dépêches et me les tend :

Troisième agent pris. Porteur huit centsgrammes cyanure. Débâcle ennemi. Plusieurs régiments préparés par Propagandepassés à nous. Approvisionnements et artillerie entre nos mains. Quartier généraldésorganisé. Cavalerie poursuit Tcheng en fuite. »

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