Mademoiselle de Maupin

par

Résumé

Préface

 

Gautier danscette préface défend son roman par avance en raillant les critiqueslittéraires, qu’il juge incompétents, vils, envieux. Il moque tout d’abord leurtendance à dévaloriser les œuvres pour des motifs moraux, en montrant que sil’on s’arrêtait à ces critères éthiques il faudrait aussi condamner Voltaire,Marivaux, Rabelais, Marot, et surtout Molière, modèles chéris par les critiquesqui pourtant sont très violents envers les institutions et les pères.

Ensuite, Gautiers’en prend à l’argument utilitaire en affirmant que le beau est nécessairementinutile – de fait l’utile, puisqu’il ne fait que satisfaire aux besoins desêtres humains, est laid.

Gautier procèdefinalement à une sorte de typologie des critiques littéraires : il y a lescritiques de bonne famille qui considèrent tout en fonction de la vertu, lescritiques progressistes qui évaluent selon des termes politiques, les critiquesblasés qui ne trouvent jamais dans leurs lectures des plaisirs à la hauteur deleurs envies… Gautier les condamne tous avec virulence. Il réclame au bout ducompte, avec une malice narquoise, l’interdiction totale des journaux ets’amuse à imaginer un service d’information alternatif pour annoncer la sortiede son roman, parade flamboyante avec une centaine de chevaux et crieursincitant la foule à acheter le livre.

 

Chapitre premier

 

Mademoiselle deMaupin est pour partie un roman épistolaire, chaque chapitre correspondantpour l’instant à une lettre. Cette première lettre (ainsi que les quatresuivantes) sont rédigées par le héros du roman, jeune homme romantique nomméD’Albert, à l’adresse de son ami d’enfance Silvio. Il formule ici son désarroiet son ennui face au quotidien. Il rêve d’aventure mais n’en a jamais vécu. Ilerre dans les rues dans l’espoir d’assister à quelque événement extraordinaire– en vain. De plus, chaque fois qu’il parvient à satisfaire un désir précis, ilest déçu. Par exemple, enfant il espérait de tout son cœur posséder uncheval ; finalement la possession d’un cheval une fois adulte l’a vitelassé. Dès lors il place tous ses espoirs dans l’amour. Il cherche une amantemais cette recherche est laborieuse car il a des critères extrêmementcontraignants : il veut que la jeune femme ait un âge précis (26 ans), unecondition précise (ni mariée ni veuve), un tempérament précis (cultivée maistoujours curieuse), une apparence précise (moyenne, « plutôtgrasse », blonde, yeux noirs, « lèvre inférieure un peu large »,etc.), un habit précis (robe de velours rouge ou noir, un nombre démesuréd’accessoires), et en outre il tient à la rencontrer lors d’une situationprécise, soit en ville soit dans une grande forêt mais toujours au crépuscule.

 

Chapitre II

 

D’Albert estintroduit par son ami De C*** chez Mme de Thémines, femme du monde par la grâcede laquelle on peut accéder quand on la séduit à tous les salons et par là àtoutes les femmes. Malgré le choix considérable d’amantes potentielles ainsirendu disponible – certaines d’entre elles ont même de l’inclination pourD’Albert – ce dernier ne trouve pas là sa femme idéale. Il se résigne cependantà nouer quelque lien strictement sexuel avec celle qu’il trouve la plusdésirable, « la dame rose ».

 

Chapitre III

 

D’Albert devientl’amant de « la dame rose », dont le nom s’avère être Rosette. MaisD’Albert est embarrassé : si son désir pour elle est ardent et sans cesserenouvelé, s’il apprécie sa compagnie et s’engage sans regret à la fidélité, ilne parvient pas à sentir d’amour pour elle.

 

Chapitre IV

 

Cela fait cinqmois que D’Albert est l’amant de Rosette. Ils se voient jour et nuit et ontemménagé ensemble dans le château de campagne de cette dernière. Cependantl’écart de sentiment se creuse. Rosette aime D’Albert mais lui reste froid etcommence à devenir las, ce qui rend la cohabitation pesante. Les amantsrepoussent la confrontation en invitant les voisins à venir les visiter.

 

Chapitre V

 

D’Albert prendconscience que la lassitude et la pesanteur ne sont ressenties que parlui : Rosette l’aime absolument. Il aimerait rompre mais ne sait commentprocéder, et avoue qu’il regretterait la qualité des plaisirs charnelsdispensés par Rosette. Alors qu’il tâche de comprendre pourquoi il n’aime pasla jeune femme, il saisit que ce qu’il chérit le plus au monde est la beauté,et que celle qui partage sa vie n’est pas à la hauteur de ses aspirations. Or,justement, arrive parmi les invités un cavalier qu’il trouve beau.

 

Chapitre VI

 

Le récit parlettres est ici suspendu. On passe à une narration plus traditionnelle, avec unnarrateur omniscient. C’est que ce qui nous est narré là n’est pas su encore deD’Albert : Rosette aime Théodore – c’est ainsi que se nomme le cavalier –et cela depuis un temps bien antérieur à sa rencontre avec D’Albert. ToutefoisThéodore se refuse à elle, et il lui demande instamment de ne pas rompre avecson amant.

 

Chapitre VII

 

Théodore, Rosetteet D’Albert – lequel commence à soupçonner quelque chose – vont ensemble sedivertir à la chasse. Théodore amène avec lui son petit page, Isnabel, qui dansun moment de tumulte tombe de cheval. Durant l’accident, Rosette se rend comptequ’Isnabel, dévoilant dans la chute une grande chevelure blonde, est une femmetravestie en homme. Théodore est embarrassé, D’Albert est songeur.

 

Chapitre VIII

 

Le récit sepoursuit pour les chapitres suivants sous la forme épistolaire initiale. Aveceffroi, D’Albert confie à son ami Silvio qu’il est amoureux de Théodore.

 

Chapitre IX

 

Troublé, D’Albertdisserte sur la beauté comme absolu, abstrait de tout genre. Toutefois, il nepeut concevoir qu’il est amoureux d’un homme ; ainsi, il conclut que cettepersonne qu’il aime doit être ainsi qu’Isnabel une femme travestie. Ilentreprend de vérifier au plus vite cette intuition.

 

Chapitre X

 

Le chapitre Xrésout pour le lecteur les questionnements D’Albert : il s’agit d’unelettre rédigée par Madeleine, la femme qui se cache sous le déguisement deThéodore. La jeune femme décrit son stratagème à son amie Graciosa et explique lebut qu’elle poursuit : elle voulait, avant que de se lancer dans lavie amoureuse puis conjugale, connaître les hommes ; or elle n’a pastrouvé de meilleur moyen pour cela que de se faire homme parmi les hommes. Lesuccès d’ailleurs a suivi l’exécution du plan. Dès ses premières heures detravestissement, un groupe d’hommes dans une auberge l’accueille et elle entendavec horreur les paroles que profèrent les amants quand ils sont loin de leursamantes. Malgré tout, se retrouvant à dormir dans le même lit qu’un de cesconfrères ivres, elle ne peut s’empêcher d’éprouver pour lui du désir.

 

Chapitre XI

 

Dans ce chapitre,D’Albert reprend la parole. Il raconte à Silvio qu’il a décidé de mettre enscène Comme il vous plaira de Shakespeare avec Rosette et Théodore,lequel se voit attribuer le rôle de Rosalinde (cela complique encore davantagele jeu de masques puisqu’en somme Madeleine doit jouer Théodore qui doit jouerRosalinde qui elle-même doit au cours de la pièce se travestir). Théodoreparaît donc, le jour de la représentation, sans ses habits de femme. Tout lemonde est ébloui par sa beauté. D’Albert, totalement, épris, est de plus enplus convaincu qu’il s’agit là d’une femme. Mais le doute persiste et il serésout à discuter directement avec Théodore de ce problème.

 

Chapitre XII

 

Madeleinepoursuit le récit de ses premiers jours d’homme à Graciosa. L’homme avec quielle a dormi se nomme Alcibiade. Pris d’affection pour Théodore, Alcibiade mèneson nouvel ami chez lui. C’est ainsi que Madeleine-Théodore rencontre Rosette,qui s’avère être la sœur d’Alcibiade. Madeleine, afin de mieux tenir son rôled’homme, de faire la cour à Rosette – mais elle joue le jeu de manière sicrédible que sa cour produit des effets inattendus : Rosette tombeéperdument amoureuse de Théodore. Depuis, Madeleine n’a eu de cesse de devoirrepousser, avec pitié, les séductions de Rosette.

 

Chapitre XIII

 

Par lettre,D’Albert déclare sa flamme à Théodore et l’implore de révéler s’il est unefemme ou non.

 

Chapitre XIV

 

Madeleinepoursuit son récit à Graciosa. Un soir, alors qu’elle logeait encore au châteaude la famille d’Alcibiade, Rosette s’est introduite dans la chambre deMadeleine pour s’offrir à Théodore. Contre le gré de Madeleine-Théodore,Rosette s’est déshabillée et s’est glissée dans le lit. C’est alorsqu’Alcibiade entre. Il ne reste plus qu’une alternative à Madeleine : soitelle épouse Rosette, soit elle vainc Alcibiade en duel. Comme elle ne peutdécemment pas épouser, elle se bat. Elle finit par prendre le dessus et prendla fuite en laissant Alcibiade pour mort.

 

Chapitre XV

 

Madeleinepoursuit son récit. Après sa fuite, elle a vite été rassurée : on lui aappris qu’Alcibiade n’était que blessé. Suite à cela, elle poursuit son enquêtesur les hommes et tout ce qu’elle découvre c’est qu’ils sont vils. Dès lors, cequ’elle cherche chez son futur amant, c’est la beauté de l’âme, la fidélité, lapiété. Madeleine à cet endroit raconte comment elle a choisi Isnabel pour fairede lui son petit page. En fait elle a trouvé cette jeune femme délicieuse et avoulu lui épargner les assauts répugnants des hommes ; pour cela, elle l’aengagée et l’a extraite d’un milieu où le mariage était la seule issue.Madeleine explique que dans un premier temps elle a usé d’Isnabel pour assouvirses besoins sexuels ; mais elle a bientôt senti que ce n’était pas là sondésir. Finalement, Madeleine en vient au sujet D’Albert. Elle explique àGraciosa qu’elle le sait amoureux depuis longtemps. Comme elle brûle de désir,ne s’étant plus fait courtiser depuis qu’elle est homme, et bien qu’elle nesoit pas spécialement amoureuse D’Albert, Madeleine décide de se démasquer.

 

Chapitre XVI

 

Le narrateuromniscient reprend la parole le temps de ce chapitre. Madeleine se dévoile àD’Albert qui commençait à languir de voir sa lettre sans réponse. Ils fontl’amour, longuement et passionnément. Madeleine se dévoile ensuite à Rosette.On ne sait ce qu’elles font toutes les deux enfermées dans la chambre deRosette, bien que plusieurs indices laissent entendre qu’elles ont à leur tourfait l’amour. Après cela, laissant ses amants ébahis, Madeleine disparaît sansun mot.

 

Chapitre XVII

 

Le roman se clôtsur une lettre de Madeleine-Théodore. Elle explique son départ àD’Albert : cette nuit d’amour suffit ; la répéter la dégraderait, lesferait entrer dans la routine. Madeleine demande à D’Albert et Rosette dedemeurer ensemble en souvenir d’elle.

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