Oncle Vania

par

Conclusion

Une ambivalence persiste donc dans Oncle Vania entre comédie et drame, à travers cette figure tragique d’un médecin engagé pour la préservation de la nature, mais que la boisson et le labeur ont aigri et vieilli avant l’heure. Mais par delà les questions philosophiques qui traversent la pièce, c’est avant tout le drame humain qui persiste, qui est éternel. Si les personnages sont aux prises avec des mutations sociales, politiques, économiques, les passions humaines, elles, ne changent pas. L’hypocrisie du mariage entre la jeune femme et le vieillard, le sacrifice de Vania et Sonia et leur impossibilité de s’extraire de la vie quotidienne, leur croyance en un salut qui rachètera une vie de souffrance, les idéaux élevés d’un élégant docteur visionnaire, enfin les contradictions inhérentes à l’âme humaine, qui aspire à autre chose que ce qu’elle vit, qui refuse la réalité tout en ne la voyant qu’avec trop de lucidité, tout cela est propre à la tragédie de l’humanité et dépasse le cadre historique dans lequel se déroule la pièce. Mais Tchékhov, comme tout grand auteur, ne se contente pas de faire son miel de la répétition de thématiques éternelles, il les renouvelle avec son style particulier, fait d’éléments quotidiens et en apparence insignifiants, avec sa précision du détail, son usage de motifs récurrents qui constellent l’œuvre – une manière qui permet de faire de cette société désenchantée un tableau tout en nuances et en demi-teintes.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Conclusion >