Oncle Vania

par

Ivan Pétrovitch Voïnitski (oncle Vania)

La sœur d’oncle Vania était lapremière femme du professeur Sérébriakov, qui est donc son beau-frère, etSonia, fille du premier mariage du professeur, est donc sa nièce. Cet homme dequarante-sept ans boit beaucoup et semble se laisser aller, bien qu’il porteencore une cravate élégante de dandy. Il gère la maison de campagne familiale et les terres attenantesen compagnie de Sonia. C’est donc un homme à la fois réaliste et pragmatique,qui sait tenir des comptes, mais aussi un rêveur, qui aurait pu « devenirDostoïevski » comme il lepense. Il s’est en fait sacrifié pour le professeur, à qui il envoyaittous les revenus des terres, et pour lequel il traduisait des livres pourl’aider dans son travail – « Oh ! comme je me sens trompé ! J’adoraisce professeur, ce pitoyable rhumatisant, j’ai travaillé pour lui comme unbœuf ; Sonia et moi, nous avons pressuré cette propriété jusqu’à ladernière goutte. Nous avons tiré profit de tout, comme des koulaks, nous avonsvendu de l’huile, des pois, du fromage blanc, nous nous refusions lanourriture, pour amasser sou par sou des billets de mille et les lui envoyer.J’étais fier de lui et de sa science, je vivais, je respirais par lui ! Tout cequ’il écrivait, ce qu’il proférait me semblait génial […] Dieu ! et maintenant ?Le voilà retraité, et à présent on voit toute la somme de sa vie. De tous sestravaux il ne restera pas une seule page, il est totalement inconnu, c’est unzéro. »

L’oncle Vania, ayant perdu foi entous ses idéaux anciens, apparaît cynique et tourmenté, pessimiste et aigri. Leséjour du professeur lui porte sur les nerfs, et l’agitation qui le gagneconfine à la folie. Il est plein de regrets pour la vie qu’il n’a pas menée, ettoute sa rage contenue, accumulée contre Sérébriakov, finit par sedéverser : « Tu as gâché ma vie ! Je n’ai pas vécu ; pasvécu ! Grâce à toi j’ai anéanti, détruit mes meilleures années ; tues mon pire ennemi ! »

Il fait en outre la cour à Héléna,et l’aime sans être aimé en retour, ce qui accroît son aigreur vis-à-vis duprofesseur. Finalement, il poursuivra, résigné, l’entretien et la gestion dudomaine.

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