Pars vite et reviens tard

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Résumé

Parsvite et reviens tard faitpartie de la série d’ouvrages écrite par Fred Vargas mettant en scène lecommissaire Jean-Baptiste Adamsberg.

L’action se déroule en France, à la fin desannées 1990. Sur la place Edgar-Quinet, à Paris, trois fois par jour, un crieurpublic vient clamer aux quatre vents les annonces qu’on lui a confiées. Pour lasomme de cinq francs, Joss Le Guern lit, fort et clair, les textes que desmains anonymes ont glissés dans son urne de bois suspendue à un arbre de laplace. Il y a là des déclarations d’amour, des annonces pour vendre uneautomobile ou des légumes frais, des déclarations sur l’état du monde… detout. L’ancien marin qu’est Joss Le Guern termine systématiquement sa criée parle court récit d’un naufrage du passé, et le bilan de ses victimes. Cepersonnage atypique est parfaitement à sa place dans la galerie de celles etceux qui peuplent cette place de Paris.

Joss Le Guern loge dans la pension tenue parun vieil homme érudit et original, Decambrais. Il trie ses annonces dansl’arrière-boutique du vendeur de planches de surf, Damas, un costaud au regardclair et à l’esprit simple qui a une sœur, Marie-Belle. Lizbeth, une ancienneprostituée qui le soir venu se fait chanteuse de cabaret, aide Decambrais àtenir sa pension. Tout ce petit monde hétéroclite se retrouve au Viking,le bistro de la place, dont le patron annonce l’heure du repas en frappant ungrand coup sur un gong. Voici donc un monde à part dans lequel va s’immiscer unfantôme redoutable.

En effet, depuis quelque temps, d’étrangesannonces se sont glissées parmi les autres. Rédigées dans un français obsolète,parfois même en latin, leur sens est obscur et intrigue les fidèles qui chaquejour se rassemblent pour écouter Joss. Elles sont vaguement inquiétantes, car ellesfont allusion à des catastrophes, un châtiment divin, sans que Joss ouDecambrais ne puissent en percer le mystère. Ce dernier décide d’aller voir unpolicier qu’il a croisé autrefois, le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg. Cen’est pas un policier ordinaire, car pour lui, peu importent les apparences oula hiérarchie. Ce contemplatif écoute attentivement Decambrais et Le Guern, et ilne tarde pas à faire le rapprochement avec ce que lui a récemment raconté unefemme apeurée venue signaler ceci : sur toutes les portes de son immeuble,une main inconnue a peint un étrange symbole, un chiffre quatre àl’envers ; sur toutes les portes, sauf une. Et au bas de chaque quatre,trois lettres : CLT.

Adamsberg se rend place Edgar-Quinet, fait laconnaissance du petit monde qui y gravite, et enquête. Quand enfin on parvientà identifier les textes de ces annonces, on y reconnaît des extraits d’ouvragesanciens qui parlent tous du même sujet : la peste. Cette « mortnoire », ainsi qu’on la surnomme, a ravagé le monde et l’Europe, transmisepar les puces qui infestent les rats, semant la mort sur son passage, et amarqué à jamais les esprits de son empreinte de terreur. Adamsberg se documentesur la question auprès d’un médiéviste nommé Vandoosler. Il apprend que lesquatre peints sur les portes étaient censés protéger du fléau les habitants dulogis. Quant aux lettres CLT, elles sont l’abréviation d’une phraselatine : Cito, longe fugeas, et tarde redeas – c’est-à-dire « pars,reste longtemps absent, et reviens le plus tard possible ». Quand la pestearrive, c’est la seule attitude à adopter. Ces signes mystérieuxannonceraient-ils le retour de la mort noire ?

On découvre alors un premier cadavre, lelocataire d’un appartement situé dans un immeuble aux portes marquées ; etla porte de son logis était justement vierge de toute inscription. L’homme aété étranglé, son corps nu a été noirci au charbon, et il porte plusieurspiqûres de puces de rat. Puis vient une nouvelle victime, puis une autre.Adamsberg a beau faire, la crainte, puis la panique se répandent dans Paris. Eneffet, les mystérieuses inscriptions sont apparues aux quatre coins de la capitale,et ce sont maintenant les Parisiens eux-mêmes qui, reproduisant le gestesuperstitieux de leurs ancêtres, tentent de se protéger du mal. Les communiquésofficiels n’y font rien : la population est persuadée que la mort noireest de retour, et que les autorités dissimulent la vérité, comme ce fut le caslors de la dernière apparition de la peste à Paris, en 1920.

Pendant ce temps les annonces mystérieusessont toujours criées par Joss Le Guern ; l’une d’elle fait allusion à lapeste de Marseille en 1720. Adamsberg sait que la maladie ne tue pas, que c’estun tueur qui agit, et il comprend que celui-ci va frapper là-bas. Et en effet,on découvre un cadavre, celui d’une femme cette fois, nue, étranglée, noircieau charbon de bois. Adamsberg cherche vainement quel lien, à part la mort, unitles victimes. La solution lui est donnée quand un individu peu sympathique etterrorisé se présente au commissariat. L’homme, Kevin Roubaud, raconte quequelques années plus tôt, les victimes et lui-même, avec deux autres comparses,ont été payés pour extorquer des informations à un jeune et brillant physicien.Ils l’ont torturé, ont violé sa petite amie, et le malheureux a parlé. Quelquetemps plus tard, la jeune femme s’est défenestrée, le physicien a été accusé del’avoir jetée par la fenêtre et a purgé une peine de cinq ans de prison. Nantide ces nouvelles informations, Adamsberg se souvient d’un détail : parmiles talismans protégeant de la peste, il en est un dont la réputation surpassecelle des autres : le diamant. Persuadé que celui qui répand – ou croitrépandre – la peste assiste chaque jour à la criée de Joss, le commissaire observe,et finit par apercevoir l’éclair fugace d’un diamant monté en bague :c’est Damas, le sympathique vendeur de planches, qui le porte. Arrêté, Damasdemeure serein. Adamsberg a tôt fait de découvrir que sous une fausse identitése cache le fils d’un célèbre industriel, Heller-Deville. Homme richissime etbrutal, il était détesté de son fils qui ne trouvait du réconfort qu’auprès desa grand-mère Clémentine. Elle n’est pas banale, Clémentine : en 1920, safamille fut la seule, dans sa rue, à échapper à la peste. Depuis, elle estpersuadée qu’elle et ses descendants ont le pouvoir de commander au fléau. Lediamant est leur talisman. Quant à Damas, il était autrefois ce brillantphysicien que Roubaud et ses comparses ont torturé. C’est à cause de ces gensque sa fiancée s’est donné la mort. Pendant ses cinq années de détention, il aourdi un plan : il allait se venger, en inoculant la peste aux coupables.

Or, Adamsberg sait que ce n’est pas la pestequi a frappé les victimes, mais un étrangleur. Son enquête fait enfin éclaterla vérité. Le père de Damas, l’industriel Heller-Deville, avait une double vie.Il a eu deux enfants, une fille et un garçon, qu’il n’a jamais reconnus, et quin’eurent donc pas droit à une part de son héritage. La fille, c’estMarie-Belle, de son vrai nom Marie-Belle Hurfin, qui s’est un jour présentée àDamas qui l’a accueillie à bras ouverts. Mais Marie-Belle n’est qu’uneintrigante. C’est la fortune de Damas, seul héritier de Heller-Deville, quil’intéressait. Et pendant que le naïf Damas croit inoculer la peste – avecl’aide de Clémentine –, Marie-Belle manipule son autre frère, Antoine, quiétrangle les victimes désignées par Damas. Une fois celles-ci liquidées, ilsera facile de livrer Damas à la police et de mette la main sur la fortune.Mais son plan machiavélique s’effondre : Damas va retrouver la liberté.Clémentine retourne à sa vie paisible. Antoine Hurfin, arrêté, est un malademental, victime des brimades que lui infligeait l’odieux Heller-Deville :l’hôpital psychiatrique l’attend. Marie-Belle trouve son salut dans la fuite.Et la vie paisible et originale de la place Edgar-Quinet reprend son cours,rythmée par les criées de Joss Le Guern.

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