Rhinocéros

par

Le théâtre de l’absurde

Ionesco est le roi jamais couronnéet le créateur du théâtre de l’absurde. Tout comme En attendant Godot de Samuel Beckett ou Huis clos de Sartre, Rhinocérosapparie idées philosophiques et humour. Les personnages nous amusent parleur usage de différents processus de rationalisation dans le but de justifierleurs erreurs. Ils sont donc assez bêtes, si l’on s’en tient à leur processusde raisonnement. Comme la majorité des pièces faisant partie du théâtre del’absurde, la pièce Rhinocéros montre une conscience de sa nature entant que pièce de théâtre et non tentative de mimer la réalité. En faisantapparaître des têtes de rhinocéros dans la mise en scène de cette œuvre,Ionesco brise le « quatrième mur » du théâtre afin de mieux fairevoir à son audience l’absurdité qui empreint nos sociétés.

Absurde encore paraît lechoix fait par l’auteur de laisser Bérenger comme dernier représentant de larace humaine. Alors que l’intelligence, la logique et bien d’autres qualitésincarnées dans la pièce succombent l’une après l’autre aux rhinocéros, Bérengerqui semble n’incarner que des défauts par son alcoolisme et son apathie restehumain. L’invasion des rhinocéros lui aura permis de changer dans la mesure oùil se fait le défenseur de l’humanité à la fin de la pièce.

« BERENGER : Eh bien ! tant pis ! Je me défendrai contretout le monde ! Ma carabine, ma carabine ! (Il se retourne face aumur du fond où sont fixées les têtes des rhinocéros, tout en criant :)Contre tout le monde, je me défendrai ! Je suis le dernier homme, je leresterai jusqu’au bout ! Je ne capitule pas ! »

L’absurde est encoreprésent dans le raisonnement des personnages de la pièce, dans les réactionsqu’ils ont lorsqu’ils sont mis en présence de la « rhinocérité ». Lefait même qu’ils en soient venus à s’habituer à un tel phénomène relève del’absurde. Mais on est en droit de se demander si ce n’est pas précisément surce point que la pièce reste le plus fidèle à la représentation de nos sociétés.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Le théâtre de l’absurde >