Thérèse Desqueyroux

par

Anne de la Trave

Anne de la Trave, demi-sœur de Bernard Desqueyroux, est, dans leur adolescence, la « dévote amie » de Thérèse. L'éducation qu'elle a reçue pourrait être un obstacle à l'amitié entre les deux jeunes filles, puisqu'elle a été pensionnaire du Sacré-Cœur, une institution religieuse conservatrice, tandis que Thérèse a fréquenté le lycée. Le Sacré-Cœur isole les jeunes filles de la vie réelle et les tient soigneusement écartées des aspects concrets des rapports entre hommes et femmes. La vie d'Anne est donc pleine de spiritualité religieuse, pétrie des rites de l'Église catholique, où la confession et le soulagement qu'on en tire ont la part belle : c'est là le seul point qui trouve grâce aux yeux de Thérèse, qui elle-même ressentira, une fois son crime accompli, le besoin d'avouer sa faute et d'obtenir le pardon.

Aux yeux de Thérèse, Anne est la pureté même ; elle lui dit cependant : « pour être aussi pure que tu l'es, je n'ai pas besoin de tous ces rubans ni de toutes ces rengaines... ». Force est de constater que « la pureté d'Anne de la Trave était-elle faite surtout d'ignorance. Les dames du Sacré-Cœur interposaient mille voiles entre le réel et leurs petites filles. » Aussi, quelle n'est pas la stupeur générale quand Anne tombe éperdument amoureuse de Jean Azévédo, et quelle n'est pas la jalousie de Thérèse, maintenant mariée, quand son amie lui décrit la passion qui, pense-t-elle, brûle entre elle et son amoureux, quelles délices elle attend de l'union de leurs corps alors qu'elle, Thérèse, subit le devoir conjugal. La jeune fille élevée chez les sœurs découvre l'audace et désir : « S'il me disait de le suivre, je quitterais...

Inscrivez-vous pour continuer à lire Anne de la Trave >

Dissertation à propos de Thérèse Desqueyroux