Thérèse Desqueyroux

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Résumé

Lorsque le roman commence, on ne sait pas immédiatement de quoi Thérèse Desqueyroux est accusée ; elle sort du palais du justice, accompagnée de maître Duros, son avocat, et de son père, monsieur Larroque. Le verdict du procès est tombé : un non-lieu, et Thérèse repart chez elle en méditant ses tourments. Elle aurait préféré être inculpée plutôt que de subir à nouveau la compagnie de ses proches. Ils rentrent en calèche à Argelouse, où vit Thérèse avec son mari Bernard Desqueyroux. Thérèse a tenté de l’assassiner mais Bernard et l’avocat se sont arrangés pour obtenir ce non-lieu afin que l’honneur de la famille ne soit pas entaché. Thérèse imagine durant le trajet la discussion qu’elle va avoir le soir même avec Bernard. Son père lui intime de rester « comme les deux doigts de la main » avec son mari, et de le soutenir comme si de rien n’était.

         Perdue dans ses pensées, elle s’endort et revoit la scène avec le juge d’instruction. On comprend qu’elle a tenté d’empoisonner son mari, mais qu’elle a mal calculé les doses. Elle prépare sa confession en pensant également à son amie Anne de la Trave, la demi-sœur de Bernard. Elle rêve naïvement que son mari comprendra, lui dira « d’aller en paix », et qu’elle serait ainsi digne de son amie Anne qu’elle pourrait alors rejoindre.

         Le narrateur s’attarde ensuite à dépeindre Argelouse, grande demeure implantée en pays sec et sablonneux. Puis il revient sur l’enfance de Thérèse, l’entente entre les famille Larroque et Desqueyroux. Le mariage de Thérèse avec Bernard avait été en grande partie stratégique ; en effet Thérèse possède un bel héritage, mais elle est aussi intelligente, en plus d’avoir un charme particulier. Bernard, selon ses principes simples provenant des codes de la bourgeoisie de l’époque, pense qu’un mari doit être plus cultivé que sa femme, et il « travaille d’arrache-pied » pour surpasser intellectuellement Thérèse. Celle-ci le considère assez fin néanmoins, en comparaison de la plupart des autres hommes, mais elle le catalogue tout de même dans la race des « êtres simples ».

         Elle se rappelle le « jour étouffant des noces », où elle s’était rendue compte que la seule personne qui fût réellement son amie était Anne, avec qui elle passait ses journées avant son mariage. Pendant sa lune de miel elle échange des lettres avec sa belle-soeur, où Anne parle des Azévédo, une famille de Bordelais qui s’est installé dans une villa proche, Vilméja, depuis l’arrivée de leur fils Jean qui souffre d’une maladie de poitrine. Anne est amoureuse de Jean et raconte à Thérèse leur aventure. Si Thérèse ressent de la haine pour ce garçon, par pure jalousie, elle se défie aussi de l’esprit de Bernard qui ne cesse de scander son refrain : « la famille, la famille ». En effet pour Bernard, la famille passe avant tout, et Jean Azévédo n’est pas jugé valable par les Desqueyroux. Bernard ne les aime pas et prétend qu’ils sont d’origine juive. Le mariage entre Anne et Jean est par conséquent impossible.

         À cette époque les Desqueyroux font pression sur Anne pour qu’elle épouse le plus jeune des fils Deguilhem, d’une famille qu’ils jugent convenable. Même si intérieurement, Thérèse est contre cet esprit de ruche, sa jalousie l’emporte, et elle s’allie aux Desqueyroux qui souhaitent empêcher Anne de revoir Jean.

         Thérèse tombe enceinte, mais contre son gré car sa relation avec son mari est pour elle des plus banales et ennuyeuses. Cette maternité finit par se transformer en une sorte de malédiction pour elle, une prison, un destin qui semble avoir été entièrement écrit pour elle par d’autres.

         Pour être définitivement assuré qu’Anne ne va plus entrer en contact avec Jean, Bernard demande à Thérèse d’aller discuter avec lui. D’abord rebutée à l’idée de rencontrer son ennemi, elle finit par accepter. Elle apprend alors que Jean voulait faire découvrir à Anne un amour passionnel et éphémère, chose qu’elle n’aurait plus la possibilité de vivre une fois lancée dans la vie ennuyeuse et calculée que sa famille a prévue pour elle.

         Jean, devant l’interdiction posée par les Desqueyroux de revoir Anne, et réceptif au discours persuasif de Thérèse, décide de quitter Argelouse ; plus rien ne le retient ici. Avertie de leur entrevue, Anne comprend que Thérèse est responsable du départ de Jean. Décidée à vivre son amour, elle venait de rompre avec les règles familiales, mais trop tard. Elle se brouille avec Thérèse et s’enferme chez elle.

         Plongée dans une solitude absolue, Thérèse va instinctivement s’accrocher au peu d’intérêt qui lui reste pour la vie, représenté par son enfant. Peu à peu Bernard, qui était devenu anémique et avait commencé à prendre un traitement régulier, se rétablit, mais un nouveau malheur arrive : l’incendie de Mano, une petite ville à côté d’Argelouse. Bernard vit des rentes que lui rapportent des terrains couverts de pins, et l’incendie en brûle plus de six hectares. Ce malheur le laisse tremblant et il le replonge dans la maladie qu’il vient à peine de quitter.

         Leur fille Marie naît ; Thérèse se sent détachée d’elle comme du reste. Elle est vexée que Jean ne réponde pas rapidement à ses lettres, car elle aimerait elle aussi vivre une aventure. Elle ne ressent plus de jalousie envers Anne, qui de son côté est gênée que la petite Marie préfère sa tante à sa mère.

         Thérèse remarque que Bernard prend régulièrement de l’arsenic en surdose pour se soigner. Plus ou moins consciemment, elle va se prendre à un jeu de falsification des ordonnances de son mari et augmenter légèrement, petit à petit, les doses qu’il prend. Alors que Bernard manque de mourir, leur entourage se doute de l’identité du coupable.

         Ce long retour en arrière est terminé. Le train de Thérèse s’approche de Saint-Clair, non loin d’Argelouse. Thérèse continue d’élaborer sa confession. Elle ne se cherche aucune excuse, elle veut seulement amener son mari à la comprendre, elle garde un peu d’espoir que cela entraînera son pardon. Mais son retour à la réalité se double d’une rapide désillusion : Bernard est convaincu et ne veut pas se défaire de l’idée bête, simple, mesquine, que Thérèse a voulu l’assassiner pour s’emparer des pins. Abasourdie devant cette incompréhension d’une stupidité aveugle, Thérèse se laisse enfermer dans sa chambre et subit la volonté de son mari, qui lui interdit de sortir et d’avoir des contacts avec l’extérieur jusqu’au mariage d’Anne avec le fils Deguilhem, qu’il s’agit de ne pas perturber.

         Thérèse dépérit lentement et n’a dans sa vie plus rien qui vaille la peine de s’y accrocher. En découvrant dans le manteau de Bernard la fiole de poison qui prouvait sa tentative de meurtre, Thérèse veut tenter de se suicider, mais la mort de Clara, une vieille tante, qu’on annonce tout juste, l’arrête au dernier moment, alors qu’elle avait fait ses adieux à Marie. Elle assiste à l’enterrement, au cours duquel elle se rend compte qu’on la soupçonne d’être coupable de la mort de Clara.

         Bernard part ensuite en voyage dans le Midi et la laisse seule, séquestrée avec Balionte, la servante, qui la prive de cigarettes, ce dont elle souffre. Au retour de Bernard, le mariage d’Anne et du fils Deguilhem approche, et Bernard demande à Thérèse de le rencontrer pour faire bonne impression. Thérèse y consent et fait correctement son travail, mais cela ne change rien à sa situation : le regard lourd que pose sur elle « la famille » reste le même.

         Thérèse ne pense plus qu’à aller habiter à Paris où elle pourrait refaire sa vie. Lorsqu’il l’y amène, Bernard et elle s’installent à la table d’un café, et il lui demande pour la dernière fois pourquoi elle a tenté de le tuer. Une dernière chance lui est donc offerte de se confesser, mais en dépit de tous ses efforts, elle n’y parvient pas et lit l’incompréhension sur le visage de son mari. Elle abandonne alors tout ce qui est derrière elle, sa vie antérieure et les personnes qui l’ont marquée, pour s’enfoncer dans la foule…

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