Thérèse Desqueyroux

par

Jérome Larroque

Homme « au visage sali de bile », « le seul homme supérieur qu'elle crût connaître », le père de Thérèse est un riche notable, « maire et conseiller général de B ». Uniquement préoccupé par sa carrière politique, peu lui importe sa fille, pourvu que sa carrière n'en soit pas affectée. Il s'est peu occupé d'elle quand elle était enfant, et s'en est débarrassé à chacune des vacances d'été en l'envoyant à Argelouse.

Politiquement, c'est un républicain, et il s'oppose en cela aux familles Desqueyroux et De la Trave, chez qui l'on est catholique et conservateur, ce qui provoque maints heurts avec la mère de Bernard Desqueyroux lors des repas de famille. Cependant, le lecteur ne doit pas imaginer que Jérôme Larroque soit un homme de gauche au sens actuel du terme. C'est avant tout un bourgeois, un propriétaire terrien attaché à son bien, pour qui « la propriété est l'unique bien de ce monde, et rien ne vaut de vivre que de posséder la terre ». Il a certes donné à Thérèse une éducation plutôt libre, selon les critères du temps, mais cela n'en fait pas un furieux progressiste. Si sa fille le trouve supérieur, c'est qu'elle n'a guère eu, au fin fond de sa province, l'occasion de rencontrer grand-monde pour lui faire subir une comparaison.

Quand Thérèse est accusée de meurtre, il n'a qu'une crainte : le scandale. Sa carrière ne doit à aucun prix pâtir de cette regrettable affaire. C'est donc dans la plus grande discrétion qu'il va chercher sa fille unique à la sortie du...

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Dissertation à propos de Thérèse Desqueyroux