Thérèse Desqueyroux

par

Bernard Desqueyroux

Le futur mari de Thérèse, demi-frère d'Anne de la Trave, est « un jeune homme un peu trop gras », adepte du régime alimentaire campagnard landais qu’il est, à base de confits, de plats en sauce, et de très peu de légumes verts. Il est avant tout un homme de la lande, propriétaire terrien respecté de ses métayers car il leur ressemble. Il néglige les soins de toilette : le matin « à peine trempait-il sa tête dans l'eau froide ». Fondamentalement, il est un paysan qui « déjeunait sur le pouce d'une carcasse, d'une tranche de confit froid, ou encore d'une grappe de raisin et d'une croûte frottée d'ail ». Un monde le sépare donc de Thérèse qui est fine, intelligente, qui ne se contente pas des plaisirs simplissimes que lui offre la vie à Argelouse, et dont l'esprit va au-delà de l’apparence de choses.

Avant leur mariage, Thérèse ne le juge pas mal. Elle dit de Bernard qu'il a en lui de la bonté : « Oui, de la bonté, et aussi une justesse d'esprit et, une grande bonne foi. » En outre, il est conscient que la future épouse qui lui est destinée, Thérèse, est plus intelligente que lui : Bernard, pour être à sa hauteur, a travaillé d'arrache-pied au lycée car « un mari doit être doit être plus instruit que sa femme », pense-t-il. « Thérèse elle-même se félicitait de ce qu'il était un homme avec lequel on peut causer : En somme très supérieur à son milieu... » Pourtant, Bernard appartient à son milieu, de façon viscérale. C’est un riche bourgeois terrien, catholique, respectueux des usages de sa caste. Quitter le sentier battu ne lui vient pas à l'idée : cela ne se fait pas. Son esprit est étroit car bloqué dans les ornières qu'ont...

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Dissertation à propos de Thérèse Desqueyroux