Vingt mille lieues sous les mers

par

Ned Land

Avec Ned Land, on entre presque dans le monde de la caricature. Jules Verne ne prétend certes pas écrire de la « grande littérature », mais des romans d’aventures éducationnels destinés aux jeunes, et qui a priori n’exigeraient pas une grande perspicacité psychologique. Ce n’est donc pas dénigrer Verne que de constater que sa caractérisation de Ned Land (et encore plus de Conseil) est grandement unidimensionnelle. Le grand homme rustre et simple originaire de l’Amérique du Nord est un personnage qui revient souvent dans les pages de la littérature du XIXe siècle. Land s’y conforme : physiquement puissant, grand chasseur, ne rêvant que d’évasion et de viande fraîche. Il se morfond dans sa prison aux fonds des mers, ayant besoin d’air frais et de liberté d’action. Verne en fait en théorie un Canadien-Français originaire de la ville de Québec pour qu’il puisse aisément parler avec Aronnax, mais s’oublie à chaque fois qu’il commente le côté anglo-saxon du harponneur, qui est évident dans tout le reste du personnage, jusqu’à son nom très anglais. Notons d’ailleurs l’ironie : il s’appelle « Land » – « terre » en anglais –, nom tout à fait inapproprié pour le marin qu’il est, entièrement à propos pour celui des trois prisonniers qui désire le plus retrouver la terre ferme.

Peu intellectuel et n’ayant pas de grande passion excepté la chasse, Land...

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Dissertation à propos de Vingt mille lieues sous les mers