Vingt mille lieues sous les mers

par

Pierre Aronnax

Scientifique dévoué à ladécouverte marine, Pierre Aronnax fait office de narrateur. Littéralementplongé dans son élément, il passera ses jours dans le Nautilus à noter les découvertes qu’il y fait. La possibilité quelui offre le capitaine Nemo de voyager là où nul autre n’est jamais allé et d’yrecenser toutes les espèces des mers le réconciliera presque avec son statut deprisonnier, jusqu’à l’en faire presque oublier. Ce n’est que lorsque lecapitaine s’assombrit, lui enlève sa compagnie et se montre coupable de grandscrimes qu’Aronnax se met enfin d’accord avec Ned Land : il n’y a riend’autre à faire que fuir.

Aronnax est d’évidence unhomme éduqué : non seulement il connaît la mer, mais il comprend lascience derrière le Nautilus et semontre capable de prévoir toutes les impossibilités auxquelles le vaisseau seconfrontera. En cela, il est l’avatar du lecteur, chargé de s’assurer quetoutes les objections qui peuvent se soulever dans la tête de ce dernier leseront aussi dans les pages du roman, et qu’elles y trouveront réponse. Qu’Aronnaxsoit scientifique et donc sceptique de nature aide aussi à assurer lacrédibilité du récit.

Des trois passagersinattendus à bord du Nautilus,Aronnax est le mieux traité, chose qu’il accepte sans question. Il est aprèstout d’une classe supérieure à son domestique et à Ned Land, qui partagent unecabine et ne sont pas conviés à la visite du Nautilus que donne le capitaine Nemo au scientifique, celui quicomprendra de quoi il parle. En conformité avec sa mentalité très bourgeoise,Aronnax n’a pas de grande sympathie pour les « sauvages », et ilfaudra que le capitaine lui en fasse remontrance, bien que le scientifique nesemble jamais convaincu de l’idée que les Européens puissent être eux aussiconsidérés comme barbares. En cela, Aronnax est bien l’homme moyen de son époque,aux idées assez fixes et conventionnelles.

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