Voyages de Scarmentado

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Résumé

Le récit, de quelques pages, est à la première personne. Lenarrateur retrace à grands traits sa vie depuis ses commencements : né en1600, selon un poète, il aurait une ascendance divine, mais qui fluctue selonla position sociale de son père. Il évoque rapidement ses études à Rome, où ilmanque devenir un des mignons de son professeur aristotélicien, et sadécouverte des femmes, dont celles qui vendent des « choses qu’on ne doitpoint vendre ». Alors qu’une dame lui aura donné la préférence sur desrévérends qui la courtisaient, il aura craint d’être excommunié, sinonempoisonné.

Il se rend ensuite en France, en proie aux guerres civilesdepuis plus de soixante ans, pour des enjeux qu’il présente mineurs, qu’ilssoient politiques ou religieux. Les massacres y côtoient des actes decannibalisme.

Passé en Angleterre, le narrateur est confronté à des scènessimilaires, toujours dues à la religion. À nouveau les motifs derrière desactes terribles sont présentés comme ridicules.

En Hollande, toujours pareil, l’intolérance domine : àl’arrivée du narrateur on coupe la tête du premier ministre qui a eu le malheurde penser « que l’on peut se sauver par les bonnes œuvres aussi bien quepar la foi. »

En Espagne, il s’étonne à haute voix que le« grand-inquisiteur » occupe une place plus élevée que la familleroyale, et assiste aux bûchers de Juifs et de chrétiens jugés hérétiques. Pourses quelques paroles indiscrètes, il écope de six semaines de cachot et d’uneforte amende. Ses bourreaux adoptent un ton tout patelin envers lui. Lesmillions d’infidèles massacrés par les Espagnols en Amérique sont évoqués avecironie comme un des bienfaits des religieux espagnols.

En Turquie, le narrateur est d’abord ravi de voir lesreligions cohabiter, protégées par le grand-vizir, mais finalement ils’aperçoit que celui-ci est régulièrement tué, et que lui-même risque sansarrêt des châtiments physiques pour avoir gratifié tel ou tel parti – grec oulatin – de sa présence. Alors qu’imitant dans les transports de l’amour sapartenaire, qui crie « Alla ! », il manque se faire circonciredès le lendemain, et empaler : « je sauvais mon prépuce et monderrière avec mille sequins ».

À Ispahan, en Perse, le narrateur, résolu à ne plus prendreparti, vexe tout de même ses hôtes en ne se prononçant en faveur ni du moutonblanc ni du mouton noir, autour desquels se déchirent deux factions. À nouveauune somme d’argent le sauve.

En Chine, dominée par les Tartares, ce sont les jésuites et lesdominicains qui se déchirent, notamment autour de la question de la manière defaire la révérence. À nouveau le narrateur est ennuyé : on lui reproched’être l’espion du pape, et il doit aller rassurer le prince du pays, « samajesté tartaro-chinoise », au sujet de ce prêtre de soixante-dix qu’ilassure n’être pas un danger pour lui.

À Delhi, le souverain local est pris par ses sujets pour unhomme pieux malgré sa cruauté, et un balai, reçu de la Mecque, qui a« balayé la maison sainte », est considéré comme un présent céleste.Un ami français du narrateur ose dire que certains souverains européens luiparaissent plus pieux et n’éprouvent pas le besoin, eux, de tuer leurs parentscomme l’a fait le souverain actuel. Instruit par ses expériences passées, lenarrateur précipite alors leur départ et c’est l’interprète qui a traduit lesparoles incriminées qui est exécuté.

En Afrique, le vaisseau sur lequel le narrateur voyage est« pris par des corsaires nègres », dont le capitaine explique quecomme les Blancs les traitent comme des esclaves, leur faisant notamment chercherde l’or, il en fait de même aux endroits où le rapport de force est en lafaveur des Noirs, et ainsi le narrateur se retrouve à « labourer le champd’une vieille négresse ». Racheté au bout d’un an, il rentre chez lui etdécide de ne plus voyager. Le récit se termine ainsi : « je fus cocu,et je vis que c’était l’état le plus doux de la vie. »

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