Droit

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SENEGAL

Situation institutionnelle

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La mise à jour de cette notice a été faite par M. Sory Baldé,
étudiant au CEAN, IEP-Université Montesquieu-Bordeaux IV
 

Processus démocratique

L’expérience du pluralisme politique ébauchée par le président Léopold Sédar Senghor sous l’égide du Parti Socialiste (PS) s’est poursuivie avec son ancien Premier ministre, AbdouDiouf, dont la tâche sera de gérer au mieux l’héritage de son prédécesseur voire de le consolider. Cet héritage se trouve dans la position hégémonique que le PS a toujours eue depuis l’accession du pays à l’indépendance et qui s’est construite soit par absorption du seul parti d’opposition légale en juin 1966, soit par révision de la Constitution pour instaurer par la loi 76-26 du 16 avril 1976 unmultipartisme contrôlé et limité à trois partis.
Sous le président Senghor, le PS a plutôt fonctionné comme un parti unique de fait, et il faut attendre l’arrivée d’Abdou Diouf au pouvoir en décembre 1980 pour que le Sénégal adopte le 24 avril 1981 le « multipartisme intégral » censé transformer le PS lui-même plus en parti politique qu’en arène de rivalités entre barons et de distribution desdépouilles qu’il est. Depuis cette date une quinzaine de partis politiques va se créer et tout l’enjeu politique est d’arriver à faire fonctionner les institutions et à jouer la règle de l’alternance démocratique dans la transparence.
Ce qui a caractérisé le pouvoir Diouf, c’est sa capacité à rebondir pour consolider l’héritage senghorien lorsqu’il y a péril en la demeure. Abordant son pouvoir dans uneposition de faiblesse politique (l’opposition dans son ensemble et son principal rival Abdoulaye Wade en particulier contestent sa légitimité) et de crise économique sans précédent renforcée par les effets pervers des plans d’ajustement structurel (chômage des diplômés, paupérisation croissante des populations urbaines et rurales avec la montée de mécontentements sociaux et du séparatismecasamançais, etc.), Abdou Diouf se révèle plutôt un habile politicien dans le contrôle de l’appareil d’Etat et le renouvellement de la classe politique. Malgré un contexte défavorable, il remporte les élections présidentielles de février 1983 avec 83,5% des voix. Le PS remporte les législatives avec 79,9% et 111 des 120 sièges. Il n’est plus le successeur désigné du président Senghor, mais un Président àpart entière, légitimé par les urnes avec le soutien des puissantes confréries maraboutiques et face une opposition de plus en plus fragmentée.
Si les présidentielles et les législatives de février 1988 lui donnent encore la victoire, c’est avec des scores effrités (respectivement 73% et 71,3%) et surtout, selon l’opposition, grâce à de graves irrégularités qui loin d’apaiser la vie politique,l’ont plutôt exacerbée. Paradoxalement c’est le chef de file de l’opposition Abdoulaye Wade du Parti démocratique sénégalais (PDS) qui sort grandi de ces consultations électorales. Le climat post-électoral est si explosif qu’il va entraîner des émeutes et des violences urbaines structurées autour du slogan « sopi » (changement). La fermeté du pouvoir qui arrête et traduit en justice A. Wade renduresponsable des violences, ne fait que conférer une aura de victime et de héros à ce dernier. Pour décrisper la situation tendue, une table ronde est organisée entre le pouvoir et l’opposition dont une partie (A. Wade en l’occurrence, contre toute attente) accepte de rentrer au gouvernement. Lors des élections présidentielles de février 1993, le scénario se renouvelle pratiquement à l’identique :fraudes électorales, violences, arrestation de certains chefs de l’opposition qui libérés finissent par entrer au gouvernement. Mais ce qui est remarquable c’est la poursuite de l’effritement des voix du chef de l’Etat qui n’engrange que 58,4% des suffrages contre 32,03% à A. Wade. Aux élections législatives de mai 1993, le PS enlève 84 des 120 sièges contre 27 au PDS, dont le leader entre à...
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