Boule de Suif

par

Les Loiseau

Parmi les passagers dits respectables de la diligence, hormis les deux religieuses, les Loiseau sont les plus bas sur l'échelle sociale. Ce sont « des marchands de vins en gros de la rue Grand-Pont. Ancien commis d'un patron ruiné dans les affaires, Loiseau avait acheté le fonds et fait fortune. Il vendait à très bon marché de très mauvais vins aux petits débitants des campagnes et passait parmi ses connaissances et ses amis pour un fripon madré, un vrai Normand plein de ruses et de jovialité. » Loiseau est un joyeux filou, sa femme un gendarme en jupon : « De taille exiguë, il présentait un ventre en ballon surmonté d'une face rougeaude entre deux favoris grisonnants. Sa femme, grande, forte, résolue, avec la voix haute et la décision rapide, était l'ordre et l'arithmétique de la maison de commerce, qu'il animait par son activité joyeuse ».

Les Loiseau sont riches et cela les a rendus respectables, selon les critères bourgeois, malgré leur origine populaire. Loiseau a gardé sa gouaille, Mme Loiseau un fond de vulgarité, mais ils ont adopté l'intolérance des gens respectables envers les pauvres, les républicains, les déclassés. Le patriotisme ne les anime guère : après avoir vendu sa piquette à l'armée française, Loiseau se rend au Havre afin de se faire payer par l’État « une somme formidable ». En présence de l'officier allemand, ils sont au bord de la lâcheté. Plus tard, ils poussent vivement Boule de suif à fauter avec ledit officier, tout en la traitant de « gueuse » : ils affichent d'autant plus vivement leur mépris pour cette « créature » qu'ils en sont...

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Dissertation à propos de Boule de Suif