Boule de Suif

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Résumé

L’histoire se déroule en 1870 pendant la guerre franco-prussienne. Les soldats français se replient face à l’avancée des Prussiens, déprimés et sans plus d’espoir de vaincre. Ils laissent ainsi la ville de Rouen dépourvue de défense militaire, et les Prussiens s’en emparent. Ce début d’occupation de Rouen oblige les familles françaises restées sur place à loger et nourrir les soldats prussiens. Ainsi un officier prussien mange à la table de chaque famille française de Rouen. Malgré la politesse de la majeure partie des officiers, les Français restent contrariés par leur présence. Les Prussiens exigent en effet beaucoup d’argent, que les riches commerçants de Rouen peuvent fournir, mais la population de la ville garde tout de même une certaine « haine de l’étranger », qui pousse certains à commettre encore quelques meurtres de soldats et d’officiers.

Dix habitants de Rouen décident de partir un matin, clandestinement, ayant obtenu les autorisations nécessaires de la part de relations bien placées dans l’armée prussienne. Ils ont pour objectif d’atteindre Le Havre, ville plus sûre que Rouen, et qui leur permettrait de fuir rapidement vers l’Angleterre en cas de trop grande avancée de l’armée prussienne. Ils se réunissent à quatre heures du matin à l’Hôtel de Normandie pour un départ en diligence attelée à six chevaux. Parmi ces voyageurs figurent M. et Mme Loiseau, des marchands de vins en gros dont le mari est un escroc qui revend des vins de très basse qualité à bon marché aux petits débitants des campagnes ; M. et Mme Carré-Lamardon, famille de dignitaires haut placés, lui étant manufacturier ; le comte et la comtesse Hubert de Bréville. Ces six personnes occupent l’arrière confortable de la diligence et représentent la haute société. Viennent ensuite deux religieuses, un homme nommé Cornudet, et enfin une femme surnommée Boule de Suif à cause de ses formes rondes. À Rouen, les gens échangent des ragots sur son compte, la traitant de « prostituée » et de « honte publique ».

En raison du climat terrible, le voyage prend beaucoup plus de temps que prévu, et les voyageurs, croyant arriver vite, ont tous omis d’emporter des provisions. Bientôt ils commencent à avoir faim ; Cornudet a une gourde pleine de rhum, en propose, mais n’essuie que des refus. À trois heures de l’après-midi, la faim les tenaille sérieusement. Boule de Suif soulève alors ses jupes et en sort un copieux repas, dont une terrine composée de deux poulets entiers et quatre bouteilles de bordeaux. Les hauts dignitaires font la fine bouche, mais l’odeur « élargissant les narines », M. Loiseau, qui félicite Boule de Suif pour sa prévoyance, accepte d’en prendre une part lorsque généreuse elle le lui propose. Bientôt presque tous les occupants de la diligence partagent le repas. Seuls le comte et la comtesse, ainsi que les deux religieuses, restent à jeun. Boule de Suif leur propose alors timidement de la nourriture, et finalement le comte se décide à faire le premier pas. La tension silencieuse dans la diligence se dénoue et les voyageurs se mettent à converser.

À la nuit tombée ils atteignent Tôtes, où ils sont accueillis par un jeune officier allemand qui examine leurs papiers et les conduit dans une auberge où ils peuvent souper. Cependant, pendant qu’ils sont en train de manger, « Mlle Élisabeth Rousset » est faite appelée par l’officier allemand – il s’agit de Boule de Suif. Lorsqu’elle revient de son entrevue avec l’officier, on comprend qu’il lui a fait des avances, qu’elle a repoussées « par pudeur patriotique ».

Le lendemain, les voyageurs se réunissent devant la diligence, mais rien n’est prêt ; le cocher annonce aux voyageurs que le commandant lui a interdit d’atteler. Ils doivent attendre avec angoisse jusqu’à dix heures que l’aubergiste, M. Follenvie, se lève afin de mieux les informer. Il se trouve que le commandant a tout simplement défendu de faire atteler la diligence sans donner d’explications. Personne ne comprend son comportement, jusqu’à ce que dans l’après-midi, M. Follenvie leur dise : « L’officier prussien fait demander à Mlle Élisabeth Rousset si elle n’a pas encore changé d’avis. ». Boule de Suif refuse de retourner voir l’officier et de répondre aux autres voyageurs qui l’accablent de questions. Néanmoins ils comprennent avec indignation que Boule de Suif doit s’offrir au Prussien pour que la diligence puisse repartir. Ils en discutent avec colère, mais peu à peu ils se mettent à « songer », et commencent à espérer silencieusement que Boule de Suif acceptera, ne pensant qu’à leur intérêt personnel.

Le lendemain, se rendant compte que l’officier se montre intraitable, les voyageurs se mettent à conspirer entre eux pour faire en sorte que Boule de Suif accepte de coucher avec l’officier. Au déjeuner, ils se mettent à citer tous les grands exemples de l’histoire de femmes ayant couché avec l’ennemi : « Judith et Holopherne […], Lucrèce avec Sextus, Cléopâtre faisant passer par sa couche tous les généraux ennemis ». Mais lorsque le soir, l’officier réitère sa demande, Boule de Suif persiste à refuser. Lors du dîner, « la coalition faiblit » et certains laissent échapper des phrases bien suggestives, comme « la fin justifie les moyens ».

Le lendemain, la comtesse prend Boule de Suif par le bras et tente de la convaincre avec subtilité. Tout le monde s’acharne de même à lui faire changer d’avis, ce qui laisse Boule de Suif en proie au doute. Finalement, elle décide de se donner, de se sacrifier pour le bien collectif. Lors du dîner, devant l’absence de Boule de Suif, les voyageurs comprennent ce qui est en train de se passer et ils se sentent tous mal, n’arrivent pas à plaisanter ni à manger.

Le lendemain matin, la diligence peut repartir. Lorsque Boule de Suif s’avance pour prendre place, tout le monde se détourne d’elle. Stupéfaite, elle tente un petit bonjour à la femme du manufacturier, qui lui répond d’un « petit salut impertinent qu’elle accompagne d’un regard de vertu outragée ». Le silence règne dans la diligence. À l’heure du repas, Loiseau lance un « Il fait faim. » Sur ce, tous les voyageurs sortent leur repas et se mettent à manger. Boule de Suif, dans la « hâte et l’effarement de son lever », n’a rien emporté, et les regarde manger avec une telle rage et une telle exaspération que ses injures s’étranglent dans sa gorge, qu’elle n’arrive à rien leur dire. Personne ne lui propose quoi que ce soit, tous l’ignorent superbement.

Boule de Suif se met alors à pleurer, en repensant au repas qu’elle leur avait offert. Cornudet se met à siffloter la Marseillaise. Confrontés au chant patriotique, les convives se rembrunissent, et la nouvelle s’achève sur l’image de Boule de Suif laissant échapper des sanglots entre deux couplets.

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