Comme il vous plaira

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La cour vs la campagne

C’est une habitude du mode pastoral que de faire contraster la cour avec la campagne au profit de cette dernière, mais bien entendu c’est une habitude de ceux qui peuvent revenir de la campagne lorsqu’ils le veulent plutôt que d’en subir à l’année les inconvénients. Les humains ne peuvent admirer la nature qu’une fois qu’ils n’ont plus besoin d’en avoir peur. La situation est un peu différente dans Comme il vous plaira, en ce que tous ceux qui sont à la campagne n’ont pas choisi d’y être : l’exil du Duc et de sa fille les y contraignent, tout comme les visées d’Oliver relativement à Orlando.

Mais la vie dans la forêt n’est pas présentée de façon superbement réaliste, malgré les détails que nous avons notés. Les nobles s’y retrouvant se délectent de la chance de jouer « au Robin des bois antique », et il en arrive de plus en plus chaque jour, fuyant la tyrannie du duc Frederick. C’est cette absence de la tyrannie et de l’hypocrisie qui donne son charme à la campagne. Vers la fin du XVIe siècle, la cour anglaise était notoire pour sa corruption, au point qu’un de ses grands luminaires, Sir Walter Ralegh, écrit d’elle qu’elle « luit et brille comme du bois pourrissant ». Ce n’est qu’en la forêt qu’on peut s’exprimer ouvertement, même si Rosalinde a besoin pour cela d’être travestie et que les expressions d’Orlando sont atroces de banalité. À la cour du duc Frederick on trouve un lutteur résolu à tuer son adversaire sur la base d’un mensonge et un duc qui...

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