Comme il vous plaira

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Résumé

         Acte I

 

         Oliver est le frère aîné de la fratrie issue du défunt Roland de Boys. La pièce débute dans le verger de sa maison. Orlando et Adam, respectivement frère cadet et serviteur d’Oliver, discutent : Orlando est outré car Oliver, faisant fi du testament paternel qui l’engageait à entretenir son petit frère, l’exclut volontairement de sa qualité de gentilhomme. Il donne en revanche tout ce qu’il veut à leur troisième et dernier frère, Jacques. L’aîné arrive à ces mots et Orlando profite de cette irruption pour montrer à Adam la façon dont il est traité. Et en effet, Oliver le considère avec beaucoup de mépris et Orlando n’obtient rien de lui, même en le menaçant. Le cadet réclame alors les mille écus d’héritage qui lui sont dus : puisque son aîné ne l’entretient pas, il veut tenter sa chance dans le monde par ses propres moyens. Oliver promet qu’il lui donnera une partie de la somme, sans pour autant en avoir l’intention. Une fois Adam et Orlando sortis, Oliver s’entretient avec Charles, un lutteur qui le renseigne sur la Cour, à laquelle il a accès : le Duc a été proscrit par son cadet Frederick. Rosalinde, la fille du Duc, reste cependant à la cour car Celia, fille de Frederick, l’aime plus que tout – la réciproque est vraie – et ne veut pas s’en séparer. Le Duc vivrait heureux dans la forêt d’Arden, rejoint par toujours plus de seigneurs fidèles chaque jour. Charles, par ailleurs, doit donner une démonstration de lutte le lendemain. Il ajoute qu’Orlando a prévu de venir le défier et qu’il vaudrait mieux l’en dissuader, car en public, Charles doit se montrer impitoyable. Oliver fait croire qu’il a déjà essayé de dissuader son petit frère et incite Charles à être particulièrement violent avec lui. Charles sort. Oliver avoue qu’il aimerait voir son frère mourir dans le combat, car sans savoir pourquoi, il le hait de toutes ses forces.

         Une pelouse devant le palais du Duc. Celia reproche à Rosalinde de n’être pas assez gaie. Touchstone, un bouffon, entre bientôt et les divertit quelques instants avec des anecdotes grotesques. Le Beau, un courtisan de la suite de Frederick, fait irruption et annonce que la démonstration de lutte va s’achever à l’emplacement même où les deux jeunes femmes sont assises.

On essaie de dissuader Orlando de s’opposer à Charles mais il se montre obstiné. Le combat commence : Orlando renverse Charles. Frederick, impressionné, demande à Orlando d’où il vient. Le jeune homme avoue être le fils de Roland de Boys, ce qui déplaît à Frederick qui s’en va aussitôt avec sa suite. Rosalinde, quant à elle, est séduite par Orlando, lui aussi charmé, et lui offre une chaîne avant de partir. Le Beau reparaît et incite Orlando à disparaître au plus vite, Frederick étant courroucé. Il lui apprend au passage que la jeune femme est Rosalinde, la fille du Duc, mais qu’elle aussi risque de bientôt se voir persécutée par Frederick. Orlando s’en va en soupirant d’amour.

         Une chambre dans le palais. Rosalinde fait part de l’ampleur de ses sentiments à Celia. Elles sont brièvement interrompues par Frederick, qui ordonne à Rosalinde de partir au plus vite, ou alors il la fera tuer. Celia décide de partir avec son amie. Ensemble, elles iront rejoindre le Duc dans la forêt. Mais pour plus de discrétion elles décident de voyager déguisées : Rosalinde prendra les traits d’un homme et se fera appeler Ganymède ; Celia s’habillera en servante et se renomme Aliéna. Elles décident également d’emporter avec elles Touchstone.

 

            Acte II

 

            Dans la forêt d’Arden. Le Duc avoue à Amiens, un des seigneurs qui a choisi de le suivre, qu’il apprécie la vie frugale qui lui est imposée, mais on l’informe que Jacques, un autre seigneur, est au contraire accablé par la mélancolie. Le Duc demande à lui parler.

            Dans une salle du palais. Frederick est furieux du départ de Celia. Un courtisan lui apprend que Rosalinde s’est entichée d’Orlando et qu’elle est sûrement allée le rejoindre. Frederick ordonne qu’on lui ramène Orlando, ou à défaut Oliver.

            Devant la maison d’Oliver. Adam apprend à Orlando qu’Oliver s’est mis en tête de le tuer par tous les moyens. Orlando décide de partir sur les routes et Adam de le suivre.

            Dans la forêt d’Arden. Rosalinde et Celia, dans leurs déguisements, accompagnées de Touchstone, font la rencontre de Corin et Silvius, deux bergers. Après qu’ils ont échangé quelques lamentations d’amoureux contrariés, Corin annonce que la propriété de son maître est à vendre. Rosalinde propose de l’acheter.

            Amiens chante pour Jacques, qui, on le comprend à cette occasion, n’aime pas beaucoup le Duc et cherche à l’éviter.

            Adam et Orlando entrent dans la forêt. Adam meurt de faim ; Orlando promet de lui chasser quelque chose.

            Le Duc et ses suivants s’apprêtent à manger. Orlando survient parmi eux, l’épée à la main, et réclame qu’on lui donne de la nourriture. Comme le Duc lui en donne avec beaucoup de douceur, Orlando cesse de se montrer menaçant et se fait inviter à la table du Duc. Pendant qu’Amiens chante pour divertir l’assemblée, Orlando et le Duc partagent leur identité.

 

            Acte III

 

            Une salle du palais. Frederick confisque tous les biens d’Oliver tant que ce dernier n’aura pas retrouvé Orlando.

            Dans la forêt. Orlando traverse la scène en composant des poèmes d’amour destinés à Rosalinde, qu’il abandonne dans la nature au gré de son errance. Peu après, Rosalinde trouve un de ces poèmes. Celia paraît et lui révèle que c’est Orlando qui l’a écrit. Orlando revient sur scène, accompagné de Jacques ; Celia et Rosalinde se cachent. Jacques apprécie la verve d’Orlando, mais il tient à être seul et s’en va. Rosalinde, toujours dans son rôle de Ganymède, décide d’aller à la rencontre d’Orlando. Les deux personnages se parlent comme deux gentilshommes. Rosalinde fait mine de ne pas croire qu’Orlando est l’auteur des poèmes et lui demande, s’il veut la convaincre, de venir la voir tous les matins, et de lui faire la cour en l’appelant Rosalinde. Orlando y consent.

            Touchstone essaie de séduire Audrey, une paysanne. Ils sont observés de loin par Jacques. Touchstone appelle Sir Oliver Mar-Text, un vicaire piteux d’un village voisin, pour qu’il le marie à Audrey. Mais Jacques interrompt l’affaire en affirmant qu’un mariage noué par cet homme sera un mariage sans valeur. Touchstone, qui avait choisi cet homme d’Église pour cette raison, renonce à son projet avec embarras.

            Rosalinde est déçue : on est au matin et Orlando ne vient pas. Elle commence à croire, avec Celia, que ses serments sont mensongers. Corin accourt et les invite à assister à une querelle entre Silvius et son amante Phebe.

            Dans une autre partie de la forêt. Silvius reproche à Phebe sa cruauté. Elle s’en défend. Rosalinde intervient et prend la défense de Silvius. Mais Phebe tombe sous le charme de Rosalinde-Ganymède, même s’il la « gronde ». Quand Rosalinde, Celia et Corin sortent, Phebe décide de prendre Silvius comme serviteur, et d’envoyer une lettre cinglante à celui qui vient de la houspiller.

 

            Acte IV

 

            Dans la forêt. Jacques discute avec Rosalinde, qui lui reproche sa posture mélancolique. Il lui explique que ce n’est pas une posture et s’en va quand vient Orlando. Comme convenu, Orlando se comporte comme si celle qu’il croit être Ganymède était Rosalinde. Les deux jeunes gens badinent. Ils font semblant – Celia jouant le rôle du prêtre – de se marier. Orlando s’en va pour prendre un repas avec le Duc.

            Jacques et quelques seigneurs attrapent un daim. On propose de glorifier le chasseur victorieux en agrémentant sa tête des cornes de l’animal. Jacques demande à ce qu’on chante une chanson appropriée à la situation et les chasseurs d’entonner une chanson sur les cornes des cocus.

            Deux heures plus tard. Une fois encore, Orlando est en retard. Rosalinde et Celia s’impatientent. Silvius fait irruption ; il apporte la lettre de Phebe, en prévenant qu’elle doit être particulièrement virulente. Rosalinde la lit à voix haute et l’on se rend compte que c’est une lettre pleine d’amour ardent et de dévotion totale. Rosalinde renvoie Silvius, humilié, auprès de Phebe, avec l’ordre de lui dire que Ganymède n’aimera jamais Phebe si Phebe n’aime pas Silvius. Oliver entre au moment où Silvius sort. Il apporte un mouchoir ensanglanté et raconte d’où il vient : il s’est fait attaquer par une lionne et son frère Orlando l’a tiré de ses griffes. Mais dans le combat, celui-ci a perdu beaucoup de sang et a fait envoyer ce mouchoir souillé à Rosalinde en guise d’excuse pour son retard. À ses mots Rosalinde s’évanouit. Alors qu’Oliver lui reproche son manque de virilité, Rosalinde fait croire que son évanouissement était joué.

           

            Acte V

 

            Touchstone découvre qu’il a, dans sa quête de l’amour d’Audrey, un jeune rival appelé Guillaume. Il s’en débarrasse en le menaçant de mort.

            Oliver confie à Orlando qu’il est amoureux d’Aliéna. Celui-ci se montre favorable à leur mariage dès le lendemain. Rosalinde entre, toujours dans son déguisement. Orlando explique que sa bien-aimée lui manque et Rosalinde lui promet qu’il pourra se marier avec elle en même temps qu’Oliver se mariera avec Aliéna. Phebe survient et dénonce la cruauté de Rosalinde, qui la calme en affirmant que Ganymède l’épousera demain s’il se marie avec une femme. S’il ne le fait pas, il faudra que Phebe se marie avec Silvius. Tout le monde se montre satisfait.

            Touchstone annonce à Audrey qu’ils se marieront le lendemain. Tout à leur joie ils croisent deux pages auxquels ils demandent de chanter pour eux. Ceux-ci s’exécutent sur les thèmes du printemps et de l’amour, mais Touchstone n’apprécie pas la chanson.

            Le lendemain. Alors que tous les protagonistes se demandent quel tour va bien pouvoir jouer Ganymède, Rosalinde et Celia paraissent sans déguisements, accompagnées d’Hymen, le dieu du mariage. Quatre mariages ont alors lieu : entre Orlando et Rosalinde, Oliver et Celia, Silvius et Phebe, et enfin Touchstone et Audrey. Jacques de Boys, qui entre alors que l’assemblée est en train de fêter les quatre unions, annonce que Frederick a abdiqué. Alors qu’il allait attaquer la forêt d’Arden pour déloger le Duc, un prêtre l’a converti et l’a fait moine. Tout le monde, sauf le seigneur Jacques qui choisit de suivre l’exemple de Frederick, décide dans la joie de retourner à la Cour.

 

            Épilogue

 

            Rosalinde reparaît sur scène et implore l’indulgence du public, d’abord celle des femmes, puis celle des hommes, en jouant jusqu’au bout sur l’ambiguïté de son personnage qui, à l’époque de Shakespeare, où les femmes ne devaient pas paraître sur scène, était, concrètement, un homme qui jouait une femme qui jouait un homme qui jouait une femme.

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