Derniers poèmes d'amour

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Commentaire de « Ma morte vivante » dans Le temps déborde.

Le poème « Ma Morte vivante », daté de 1947, fait partie de la section poétique Le temps déborde. Cette section est emblématique des recueils les plus éloignés de l'aspect surréaliste de l'écriture d' Eluard, qui prend ici des libertés quant à ce mouvement littéraire (mouvement qu'il quittera à la fin des années 1930 pour se rallier politiquement au parti communiste français et également écrire des textes plus engagés socialement). « Le Temps déborde » est la section poétique où il raconte son expérience de la guerre, pour laquelle il fera de nombreuses conférences mais aussi l'expression de sa douleur suite à la mort en 1946 de sa femme Nusch. Cette section, publiée en 1947, refléte son désespoir suite à cette perte.

 

            Le livre présente une rupture entre la période d'avant et d'après le décès de Nusch, avec quelques poèmes en ouverture s'adressant à cette dernière sur le thème de l'amour: les références à Nusch sont nombreuses entre la vie et l'amour, bien que le livre soit marqué également par la mélancolie « J'ai déniché les œufs utiles / À ma faim pour ne pas mourir / Mais au-delà j'oublie mes rêves / Au-delà je m'en veux à mort ». Ainsi, dans le poème « L'extase » : « Étoile identifiée / Et sur la terre et sous le ciel hors de mon cœur et dans mon cœur » ou encore dans « En vertu de l'amour » : « J'ai donné sa raison, sa forme, sa chaleur / Et son rôle immortel à celle qui m'éclaire. » Cet amour lui est donc vital et dirige sa vie. Puis le poète sombre dans la solitude et le désespoir : d'ailleurs il écrira ceci, qui marque la rupture, le jour même : « Vingt-huit novembre mille neuf cent quarante-six / Nous ne vieillirons pas ensemble. / Voici le jour / En [écrit puis rayé : « en supplément : d'horreur »] trop : le temps déborde. / Mon amour si léger prend le poids d'un supplice. »

Ces poèmes dans ce livre marquent donc cette rupture, entre l'amour qui permet au poète de vivre, de sublimer son existence, et cette mort qui entraîne la quasi négation de sa vie.

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