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La description d'une activité nocturne: l'activité et la résistance

Dans ce poème, Eluard semble faire une référence à ceux qui agissent dans l'ombre, notamment la nuit, et veut prouver leur influence sur la vie diurne des autres, qui ne se rendent pas compte de ce qui se déroule la nuit. Il livre une ode à l'activité nocturne, à la résistance durant la guerre, à un activisme bien plus fort que s'il décrivait un mouvement artistique. Ici cela semble concret, et il écrit à la manière d'un représentant dans une confrérie cachée, dont les actes sont invisibles, dont la vie semble différente : ''Nous vivons dans l'oubli de nos métamorphoses
Le jour est paresseux mais la nuit est active''. Le terme « viv[re] dans l'oubli » montre bien que nul ne les connaît ou ne les reconnaît, car ils n'agissent pas le jour « paresseux » mais la nuit où ils sont actifs : « Un bol d'air à midi la nuit le filtre et l'use, La nuit ne laisse pas de poussière sur nous » prouve que c'est comme s'ils respiraient une fois le jour pour vivre la nuit, leur bol d'air s'apparentant à simplement regarder la lumière du jour une fois, ce qui suffit pour la nuit suivante. On remarque la dimension dévotionnelle et le caractère collectif du mouvement, qui n'est pas sien mais « notre ». Il ne parle jamais à la première personne du singulier, mais toujours à la première personne du pluriel, montrant bien par cette anaphore du pronom « nous » la force du groupe et du nombre organisé. Le fait que la nuit ne laisse aucune poussière indique qu'ils restent cachés, invisibles, qu'il n'y a aucune trace de leur activité, la nuit ne laisse pas de poussière, comme si l'obscurité leur permettait d'agir sans jamais être repérés ni soupçonnés.

Eluard semble poser une question, à son propre groupe mais qui pourrait s'appliquer au monde entier, entre les actes et les mots, la conscience et les buts de chacun, entre le bien et le mal, les convictions et les actions : « Sommes-nous près ou loin de notre conscience /
Où sont nos bornes nos racines notre but ». Il assimile ainsi la conscience aux bornes, aux racines et donc au but du collectif. Il décrit ces activités nocturnes comme des métamorphoses, qu'il répète du premier vers, « Le long plaisir pourtant de nos métamorphoses, / Squelettes s'animant dans les murs pourrissants » comme des ombres le long des murs qu'il désigne par des squelettes.

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