Derniers poèmes d'amour

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Une rupture brutale vers la douleur

Dans le poème « Ma morte vivante », le pronom possessif « ma » présent dans le titre prouve bien que cette morte vivante est celle qu'il aime, qu'elle est morte mais qu'elle reste vivante dans son esprit et dans son cœur. On ressent que la mort a entraîné la solitude et le repli sur soi de l'auteur, qui ne sait pas ce qu'il attend : « Dans mon chagrin, rien n'est en mouvement, / J'attends, personne ne viendra », cette solitude étant due au décès et donc une séparation physique brutale entre lui et Nusch : « Mes yeux se sont séparés de tes yeux, / Mes yeux se sont séparés du plaisir, Et du sens de l'amour et du sens de la vie ». Son monde s'est écroulé autour de lui, et le poète écrit un avenir douloureux et sans espoir.

Sans doute en parallèle du mot écrit le jour de la mort de Nusch, il s'adresse encore à elle, en ce sens elle est encore vivante comme il l'indique dans le titre du poème, pour lui dire « Il m'est donné de voir ma vie finir / Avec la tienne » ; comme si sa vie à lui, lui qui est toujours vivant, ne pouvait plus continuer en son absence. En ce sens il est lui aussi mort vivant, comme Nusch, mais de manière opposée. Sa vie n'existe plus vraiment, il nie sa propre existence, depuis que Nusch n'est plus, il n'est plus non plus. Cela fait ainsi écho au passé amoureux glorifié. Le côté brutal de la séparation se renforce par ces vers « Ma vie en ton pouvoir, / Que j'ai crue infinie » ; il indique qu'il a cru que sa propre vie serait infinie s'il vivait avec Nusch, cette séparation amoureuse lui fait se rendre compte que sa vie à lui n'est pas infinie, et que celle de Nusch, morte prématurément le fut encore moins.

Il conclut ainsi dans un désespoir sans limite :...

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