Double-Assassinat dans la Rue Morgue

par

Le matelot

Il est le propriétaire de l’orang-outang meurtrier. C’est « un grand, robuste et musculeux individu, avec une expression d’audace de tous les diables qui n’était pas du tout déplaisante. Sa figure, fortement hâlée, était plus qu’à moitié cachée par les favoris et les moustaches ». Il parle avec « un accent français légèrement bâtardé de suisse », mais est d’origine parisienne. Dupin l’a identifié grâce à un ruban trouvé près de la chaîne de paratonnerre, colifichet graisseux destiné à attacher les cheveux de l’homme en une queue caractéristique des matelots. C’est en faisant paraître une annonce dans le journal que Dupin attire l’homme dans un piège : il lui fait croire que son quadrumane a été retrouvé et qu’il peut le récupérer impunément.

Le matelot a tout vu du crime, mais, par peur d’être impliqué et de porter la responsabilité de ce qui s’est passé, a préféré laisser échapper son singe et se faire oublier. C’est sa voix que les témoins ont entendue s’exclamer « mon Dieu » pendant que le drame se déroulait. C’est par lui que Dupin, le narrateur et le lecteur apprennent comment l’orang-outang est arrivé jusque chez les dames l’Espanaye, et pourquoi. Aurait-il pu intervenir et sauver au moins l’une des victimes ? Sans doute, mais cela l’aurait impliqué dans l’affaire, et on peut dire à sa décharge que tout s’est déroulé en quelques secondes. Cependant, c’est un individu dont la principale motivation est l’argent. C’est pour le profit qu’il a ramené le malheureux animal de l’autre bout du monde, et il entendait le vendre quand le singe s’est échappé. Il a été un maître violent – il fouette l’animal pour le maîtriser – et négligeant, puisque l’orang-outang s’est échappé pendant que le matelot était parti boire avec des camarades. C’est donc un personnage peu sympathique. 

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