Double-Assassinat dans la Rue Morgue

par

L'orang-outang

C'est le mystérieux assassin. Il a été capturé à Bornéo et amené en Europe par le matelot, qui entend le vendre à un zoo ; c'est d'ailleurs ce qui finit par arriver à l'animal. Mais entretemps, il aura tué deux personnes.

Pour Poe, le quadrumane est l'antithèse de Dupin. Le détective est un être cérébral, tandis que l'orang-outang est une force brute. Dupin ne se laisse guider que par ses ratiocinations, alors que le singe obéit à l'instinct : il réagit, mais ne construit rien. On ne peut le qualifier de mauvais : un animal ignore le bien et le mal, mais il incarne la part bestiale de l'homme, à qui il ressemble physiquement (le nom de l'animal signifie « homme de la forêt »). Le crime est bestial, car il a été commis par une bête.

Il ne peut être question de culpabilité pour l'orang-outang. La pauvre bête, arrachée à son milieu naturel, fouettée puis enfermée par un homme cruel, ne s'est échappée que pour respirer l'air de la liberté. Quand son chemin a croisé celui des dames l'Espanaye, il a voulu jouer au barbier avec elles. Justement effrayées par l'irruption d'une créature velue et orange, elles se sont mises à crier, ce qui a énervé le singe. La vision du visage de son maître à la fenêtre a fait le reste : l'orang-outang a voulu cacher son méfait en fourrant le corps de Camille l'Espanaye dans la cheminée, et en jetant le corps de la mère par la...

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