Double-Assassinat dans la Rue Morgue

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Résumé

Double assassinat dans la rue Morgue est une nouvelle écrite par l’écrivainaméricain Edgar Allan Poe et publiée en 1841. Sa traduction française la plusfameuse est celle de Charles Baudelaire parue en 1856 dans le recueil Histoires extraordinaires. Cettenouvelle est considérée comme la première du genre policier, posant les basesde centaines de nouvelles et romans postérieurs.

L’histoirese déroule à Paris, dans la première moitié du XIXe siècle. Lanarrateur, un étranger, a pour ami Auguste Dupin, un jeune homme d’excellentefamille mais désargenté avec qui il habite et dont l’amitié lui est précieuse.Dupin est un personnage hors norme, qui aime vivre la nuit, réfléchitintensément, et qui cultive un don d’observation des plus rares. Grâce à ce donet à une rigoureuse méthode de déduction, il parvient à analyser le monde quil’entoure et à en pénétrer les secrets les mieux gardés.

Cedon est mis à l’épreuve quand un abominable forfait est commis dans unappartement de la rue Morgue. Deux femmes – Madame Espanaye et sa fille Camille– ont été sauvagement assassinées. Les deux malheureuses ont subi d’effroyablesviolences, et leurs cris ont attiré une foule de voisins et deux gendarmes.Quand ces derniers sont parvenus à forcer la porte du logis des victimes, ilsont été accueillis par un spectacle épouvantable. Dans une chambre dont lesdeux portes étaient fermées de l’intérieur, et dont les fenêtres étaientégalement fermées et même pour l’une d’entre elles condamnée, ils trouvent lecorps de Camille Espanaye, enfoncé la tête en bas dans le conduit de lacheminée. Il porte des traces de violence, en particulier de terribles marquesde strangulation. Quant au corps de Mme Espanaye, il gît sur le pavé de lacour, derrière l’immeuble. Sa tête a été tranchée à l’aide d’un rasoir,retrouvé sanglant dans la cheminée de la chambre funeste.

L’intérieurde celle-ci a été mis à sac, les tiroirs fouillés. Cependant, il estremarquable de constater qu’une importante somme d’argent, que Mme Espanayes’était procurée auprès de son banquier quelques jours plus tôt, se trouve bienen évidence sur les lieux du drame. De plus, les témoignages, divergents,obscurcissent le tableau : en effet, si tous s’accordent à dire quedeux voix ont été entendues lors du drame – une plutôt grave et une plus hautperchée -, les versions divergent quant à leur description. La premièreentendue, la plus grave, était celle d’un Français. On a même reconnu les mots« sacré », « diable » et « Mon Dieu ! » dansle tumulte. L’autre voix, en revanche, ne peut être identifiée : aucun motprononcé par elle n’a été distingué ; de plus, un témoin attribue cettevoix à quelqu’un parlant allemand, un autre l’attribue à un Anglais, untroisième certifie que c’est un Russe qui criait. Bien malin qui s’yretrouverait, et la police ne sait vers où se tourner. Voici donc un doublemeurtre d’une sauvagerie inouïe, sans mobile apparent, et qui plus est perpétrédans un lieu clos. C’est là que Dupin entre en scène.

Cedrame est pour lui l’occasion de mettre en pratique sa méthode de déductionbasée sur des faits et des indices, chaque élément impliquant le suivant selonune logique absolue. Grâce à des connaissances haut placées, Dupin et lenarrateur accèdent au lieu du drame. Muni des indices de l’enquête officielle,Dupin observe intensément le lieu du crime et, logiquement, pas à pas,reconstitue le drame. Le lieu était clos ? Cela ne se peut pas, puisquequelqu’un est entré, puis sorti. C’est une fenêtre, que la police a crucondamnée, qui était ouverte : le criminel est entré et sorti par là.Comment parvenir à cette fenêtre si haut placée ? Par la chaîne du paratonnerrevoisine. Il fallait donc avoir d’exceptionnelles qualités de grimpeur pour yparvenir. Quant à la voix aigüe que les témoins ont entendue, elle a ceci departiculier : aucun de ces témoins n’y a reconnu sa propre languematernelle, mais a cru y entendre une autre, qu’ils ne possèdent pas. Dupin endéduit que ces cris n’ont pas été poussés par un être doué de la parole. Enfin,Dupin fait observer au narrateur deux indices négligés par la police : unepoignée de cheveux – mais s’agit-il vraiment de cheveux ? – retrouvéeentre les doigts d’une des victimes, et une mèche de cheveux nouée d’un rubantrouvée au pied de la chaîne du paratonnerre. Dernier point, et non desmoindres : les marques de strangulation sur le cou de Camille Espanaye nepeuvent avoir été faites par une main d’homme ordinaire.

Dupina réfléchi, déduit et conclu. Afin de confondre le coupable, il fait paraîtreune annonce : on a trouvé un orang-outan dans le bois de Boulogne ;son propriétaire doit se présenter pour le récupérer. Bientôt, un homme seprésente à l’adresse indiquée. C’est un marin. Très vite, Dupin lui prouvequ’il a été impliqué, de façon certes indirecte mais cependant indiscutable, dansle drame de la rue Morgue.

Dupins’explique : le marin a ramené un jeune orang-outan d’un voyage à Bornéo.La bête, que son maître ne contrôle qu’à coups de fouet, s’est échappée. Lemarin s’est lancé à sa poursuite, et l’a vu escalader prestement une chaîne deparatonnerre, s’accrocher à un volet et entrer dans un appartement par la fenêtre.Suivant le même chemin, mais ne pouvant pénétrer à son tour dans le logis, lemarin a assisté à un effroyable spectacle : l’orang-outan, singeant lesgestes de son maître, s’est jeté sur une femme – Mme Espanaye – et fait mine delui raser le visage. D’un geste maladroit et violent, il lui tranche la gorge.Puis, il se jette sur une seconde femme – Camille Espanaye – et l’étrangle.Soudain, tournant son regard vers la fenêtre, il aperçoit le visage du marin.Se souvenant du fouet, et craignant un châtiment, le quadrumane tente dedissimuler les traces de ses actes : il essaie de cacher le corps deCamille Espanaye dans la cheminée, et précipite celui de Mme Espanaye dans lacour. La voix grave entendue par les témoins était celle du marin, et les glapissementsde l’animal ont été confondus par eux avec une voix humaine, parlant une autrelangue que le français. Dans sa fuite, le marin a accroché son catogan noué àl’arrière de sa nuque à la chaîne du paratonnerre. La démonstration est d’uneimparable logique, et Dupin, par la raison et la déduction, a résolu l’affairedu double assassinat de la rue Morgue.

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