Frankenstein

par

Le Monstre

Il suffit d’avancer un simple fait pour réaliser à quel point l’abandon de sa création par Frankenstein est blâmable : il ne lui donne pas même de nom. Nous ne pouvons donc que l’appeler « le Monstre » ou « la Créature » ; ce sont les seules appellations que son créateur lui donne. Vu au travers de la seule vision de Frankenstein, nous ne pouvons avoir une image claire, non déformée de lui. Malgré le long récit fait au lecteur de sa vie, la seule fois qu’il devient perceptible autrement qu’à travers le regard de Victor est à la toute fin lorsque Walton le surprend à pleurer sur le corps de son créateur. Le Monstre non plus ne se donne jamais de nom. Il est donc entièrement « autre ». Le texte ne nous permet pas plus de l’approcher que par sa laideur. Ce « Monstre », cette « Créature », est le simple équivalent de la monstruosité physique, il n’existe pas autrement, cela ne semble pas lui être permis.

Dénaturé par son manque de nom autant que par son physique, le Monstre est pourtant intelligent et doux de nature. À sa création il est émerveillé par le monde, le soleil, le chant des oiseaux. Il insistera sur le fait que si on lui avait montré juste un peu de douceur, il aurait été bon, et, il semble n’y avoir aucune raison de ne pas le croire. Il ne deviendra donc un monstre au sens littéral du terme qu’à travers les actions des autres, en...

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Dissertation à propos de Frankenstein