Histoires extraordinaires

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La préface de Baudelaire : un éloge

C'est Baudelaire qui s'est occupé de traduire les Nouvelles extraordinaires d’Edgar Allan Poe. Au début de son ouvrage, il s'est permis de glisser une longue note à l'attention de son ami afin de lui rendre hommage. Le simple fait d'avoir insisté pour traduire les textes de l’auteur montre une grande marque d'admiration et de respect de la part de Baudelaire. Celui-ci est un écrivain reconnu : en apportant son soutien et son admiration de manière officielle à Poe, il invite ses admirateurs à suivre son exemple et à s'intéresser à ces œuvres.

Pourtant, le lecteur peut se demander au début de la préface si Baudelaire tente réellement de lui rendre hommage. En effet, dès les premières pages, il décrit l'écrivain comme un « ivrogne », rejeté par la vie et par la société. En vérité, Baudelaire cherche à prouver que, par-delà les ennuis de la vie, Poe a su faire preuve d'un génie littéraire qui fit bien des envieux. Pour expliquer les raisons qui ont fait qu’Edgar Allan Poe est devenu ce qu’il est, Baudelaire va nous décrire la vie de l'auteur, ses origines, son enfance ou encore ses amours. Toutes les grandes lignes sont là, sans exceptions. Et déjà, on sait que les textes de Edgar Poe lui plaisent : « Il y a là déjà l’accent extra-terrestre, le calme dans la mélancolie, la solennité délicieuse, l’expérience précoce, – j’allais, je crois, dire expérience innée, – qui caractérisent les grands poètes. ». Beaucoup de termes évoquant la lumière, notamment les termes « éclatante » ou encore « éblouissante », sont employés pour mettre en avant son écriture, comparaison flatteuse sachant que celle-ci est souvent associée à Dieu. En annonçant la mort de l'auteur, Baudelaire nous montre la grande perte que cela représente pour le monde actuel et pour celui à venir. Il lui adresse un vibrant hommage, montrant ainsi une fois de plus l'admiration que créait chez lui Poe : « Ainsi disparut de ce monde un des plus grands héros littéraires, l’homme de génie qui avait écrit dans le Chat noir […] ». Mais outre son avis personnel, Baudelaire fait partager au monde entier tous les mots et toutes les appréciations que les proches de l'auteur ont pu lui faire parvenir : Mlle Frances Osgood lui a ainsi adressé ce message: « C’était surtout dans son intérieur, à la fois simple et poétique, que le caractère d’Edgar Poe, apparaissait pour moi, dans sa plus belle lumière. ». On retrouve également une lettre de sa mère qui écrivit à un certain Willis de garder éclatante la réputation de son défunt fils car il a su être, au long de sa vie, un homme bon et généreux pour elle et pour le reste du monde : « Je n’ai pas besoin de vous prier d’annoncer sa mort, et de parler bien de lui. Je sais que vous le ferez. Mais dites bien quel fils affectueux il était pour moi, sa pauvre mère désolée… ». Baudelaire rend donc hommage à cet écrivain qu'il considère comme un génie, à travers ses propres mots mais également grâce à ce qu'il a su récolter auprès des personnes les plus chères à Edgar Poe. Ces personnes qui ont vu en lui, outre un homme talentueux, un individu charmant, cultivé et, bon pour les autres à défaut de l'être pour lui-même. Baudelaire, à travers cette préface, tente également d'adresser une sorte de morale au lecteur : il faut passer outre les soucis apparents tel l'alcoolisme ou la misère afin de déceler en chacun le talent et la bonté.

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